Elle prouve aux yeux du Vatican l’opportunité des mesures prises en 2001
Rome, 16 avril 2010 (Apic) La publication d’une lettre de l’ancien préfet de la Congrégation pour le clergé félicitant en 2001 un évêque français de ne pas avoir dénoncé un prêtre pédophile est «une nouvelle preuve de l’opportunité d’unifier le traitement» des affaires de pédophilie, a souligné le ›porte-parole’ du Vatican dans la soirée du 15 avril 2010.
Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège intervenait après la publication, par la revue catholique critique française Golias, d’une lettre écrite par le cardinal Dario Castrillon Hoyos à l’évêque de Bayeux de l’époque, Mgr Pierre Pican.
Le traitement des affaires d’abus sexuels doit relever «de la compétence de la Congrégation pour la doctrine de la foi (CDF) pour qu’il soit mené de manière rigoureuse, comme c’est le cas grâce aux documents approuvés par le pape en 2001», a précisé le père Federico Lombardi. Le 30 avril 2001, Jean Paul II avait publié le Motu proprio Sacramentorum sanctitatis tutela confirmant la pleine autorité de la CDF dans le jugement de certaines «fautes graves» commises par les prêtres. Ce document était accompagné de la lettre De delictis gravioribus du cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de ce dicastère.
Le porte-parole du Vatican intervenait suite à la révélation d’une lettre datant de septembre 2001, c’est-à-dire quelques mois pourtant après la publication des documents de la CDF, où le cardinal Castrillon Hoyos félicitait Mgr Pican «de n’avoir pas dénoncé un prêtre à l’administration civile». A l’époque, Mgr Pican avait été condamné à 3 mois de prison pour ne pas avoir dénoncé l’abbé René Bissey, lui-même condamné en 2000 à 18 ans de prison pour pédophilie.
«Vous avez bien agi et je me réjouis d’avoir un confrère dans l’épiscopat qui, aux yeux de l’histoire et de tous les autres évêques du monde, aura préféré la prison plutôt que de dénoncer son fils-prêtre», avait ajouté le haut prélat dans sa lettre, indiquant en outre qu’il allait transmettre ce courrier à toutes les conférences épiscopales dans le monde «pour encourager les frères dans l’épiscopat dans ce domaine si délicat».
«L’affaire Bissey», qui remonte à 1996, avait été la première affaire de pédophilie au sein de l’Eglise fortement médiatisée en France. L’abbé Bissey avait été reconnu coupable de viol sur un mineur, d’atteintes sexuelles sur 3 autres et de corruptions de 7 autres. Cette affaire retentissante avait été le déclencheur de l’établissement d’un certain nombre de normes au sein de la Conférence des évêques de France pour faire face aux affaires de pédophilie. (apic/imedia/ag/cp/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/elle-prouve-aux-yeux-du-vatican-l-opportunite-des-mesures-prises-en-2001/