Un sondage le dit
Varsovie, 16 avril 2010 (Apic) Près des deux tiers des Européens pensent que les valeurs chrétiennes restent adaptées au mode de vie contemporain et ils estiment que l’Eglise s’efforce de les promouvoir, ressort-il d’un récent sondage effectué pour le quotidien français La Croix.
« Racines chrétiennes ou non, les Européens reconnaissent une place privilégiée à cette religion, sous sa forme catholique, protestante ou même orthodoxe », explique le journal catholique romain le 1er avril.
« Deux tiers des personnes interrogées estiment en effet que le message et les valeurs du christianisme sont toujours d’actualité. Mais ce n’est pas le cas pour un tiers d’entre eux. Le christianisme reste donc un élément marquant de la culture religieuse du vieux continent, mais il n’en a plus l’exclusivité », lit-on dans l’article.
Le sondage – réalisé en mars par l’Institut français d’opinion publique (IFOP) dans cinq grands pays européens (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne et Italie) – révèle que 57% des personnes interrogées croient que les chrétiens sont « suffisamment visibles » dans la société, tandis qu’elles sont 28% à penser qu’ils « ne sont pas assez visibles », et 15% à considérer qu’ils sont « trop visibles ».
Bien que 61% des sondés aient répondu que « le message et les valeurs du christianisme sont toujours d’actualité », seuls les Italiens estiment globalement que les Eglises savent communiquer et s’adresser aux jeunes. Entre 74% et 80% des Allemands, Britanniques, Espagnols et Français pensent le contraire.
Pour 48% des personnes interrogées, les valeurs chrétiennes ont un rôle positif à jouer dans « le dialogue entre les différentes cultures et différentes religions » et « la solidarité envers les plus pauvres », alors qu’elles ne sont que de 3% à 13% à penser que ces valeurs sont importantes pour la bioéthique et le respect de la vie, « la moralisation du capitalisme » ou des questions telles que l’immigration et la protection de l’environnement.
Par ailleurs, plus de 80% des sondés ont répondu qu’au nombre des priorités des Eglises au 21e siècle devaient figurer l’action pour la paix dans le monde et la lutte contre la pauvreté locale. Un tiers des personnes estiment que l’Eglise doit être « disponible dans les moments clés de la vie » et une personne sur cinq pense que l’une des priorités des Eglises doit être de « faire connaître le message du Christ ».
Dans son commentaire, le journal La Croix a indiqué que « l’ancrage chrétien » semble « profond, au-delà des vagues provoquées par l’actualité », et qu’il a été très peu affecté par les scandales d’abus qui secouent l’Eglise depuis quelques temps. Cependant, le journal note également de fortes disparités nationales dans les attitudes vis-à-vis du christianisme, les Français étant les plus critiques et les Italiens les plus enthousiastes.
En Grande-Bretagne et en Allemagne, où la pluralité et la coexistence religieuses sont « une réalité historiquement bien ancrée », selon La Croix, les citoyens sont plus nombreux à regretter l’échec des Eglises traditionnelles à se maintenir face aux nouvelles religions minoritaires.
« Surtout, pour les Anglais, la religion est une affaire privée: l’Eglise doit être là pour les moments importants de la vie, et non pour favoriser la paix dans le monde. En Allemagne en revanche, les Eglises ont un rôle social reconnu, important et admis, comme une sorte d’institution étatique », explique le quotidien français.
« En revanche, si les Français dans leur majorité sont fortement détachés du religieux, les catholiques français, eux, affichent un comportement religieux plus marqué que les catholiques italiens ou espagnols: ils sont proportionnellement plus nombreux à se dire attachés aux valeurs chrétiennes, » poursuit La Croix.
Le sondage de l’IFOP, Institut fondé dans les années 1930, a été réalisé dans le sillage d’autres études montrant que l’intérêt pour la religion reste important en Europe, malgré la façade laïque que présente le continent pour de nombreux observateurs. (apic/eni/js)
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