Derrière les crises, de nombreux progrès et même des prouesses
Rome, 17 avril 2010 (Apic) Le 19 avril 2010, Benoît XVI achèvera sa 5e année de pontificat, sur fond de révélations d’affaires de pédophile à répétition. Ce climat de crise alimenté par les médias semble faire écho au printemps 2009 marqué par des ›affaires’ en série. Dès lors, l’observateur serait tenté de dire que les années se suivent et se ressemblent au Vatican et que l’Eglise de Benoît XVI n’a fait que traverser crise sur crise. Ce serait oublier les nombreux progrès – quand il ne s’agit pas de prouesses – réalisés par le pape allemand en des domaines très variés.
En décembre dernier, par exemple, la décision de Benoît XVI de faire avancer le procès en béatification de Pie XII (1939-1958) provoquait stupeur et incompréhension, y compris chez certains catholiques. Un mois plus tard, pourtant, le pape marquait une étape historique dans le dialogue avec le judaïsme en entrant pour la première fois dans la synagogue de Rome, dans la lignée de son voyage en Terre sainte de mai 2009.
Plus récemment, les scandales de pédophilie au sein du clergé ont aussi largement retenu l’attention des médias, prenant le dessus sur des décisions fortes en la matière où la marque personnelle de Joseph Ratzinger est pourtant bien perceptible. C’est le cas de sa Lettre aux catholiques d’Irlande, mais aussi de l’enquête qu’il a ordonnée au sein de la congrégation des Légionnaires du Christ, mise à mal par les révélations en cascade concernant son fondateur, le père Marcial Maciel.
Cette 5e année de pontificat est aussi celle des rapprochements. Au niveau œcuménique, d’abord, avec la publication de la Constitution apostolique Anglicanorum coetibus permettant aux déçus de l’anglicanisme d’intégrer l’Eglise catholique. Au niveau diplomatique, également, avec l’établissement de relations pleines et entières avec la Russie. Benoît XVI est aussi parvenu à réaliser le grand écart en accueillant dans sa bibliothèque le président américain Barack Obama et, quelques mois plus tard, son homologue vietnamien Nguyen Minh Triet.
Tant du point de vue politique que pastoral, l’attention portée à l’Afrique constitue désormais l’une des constantes du pontificat de Benoît XVI. En octobre 2009, le pape lui a ainsi consacré un synode spécial, au terme duquel il a appelé de ses vœux «un nouveau modèle de développement mondial qui intègre tous les peuples». La question du développement humain était aussi l’un des thèmes-clés de son encyclique sociale Caritas in Veritate, rendue publique le 7 juillet dernier après plusieurs mois d’attente.
Le jour suivant, Benoît XVI créait la surprise en publiant le Motu Proprio Ecclesiae unitatem visant à lancer le dialogue doctrinal avec la Fraternité Saint-Pie X. Ce dialogue entre théologiens des deux parties, une main tendue du pape aux fidèles catholiques les plus traditionnels, a débuté en octobre dernier au Vatican.
L’ardeur manifestée par le pape dans ce domaine a inévitablement rendu perplexe une partie des fidèles. C’est précisément pour mettre fin à ce type d’incompréhensions ou de méprises concernant les intentions réelles et les choix profonds de Benoît XVI que des groupes de soutien se sont multipliés ces derniers mois aux 4 coins du monde, l’une des dernières – et nombreuses – tendances positives de ce pontificat. (apic/imedia/cp/bb)
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