Il a toujours été considéré comme «un dangereux opposant idéologique»

Varsovie: Le futur pape Jean Paul II a été fliqué par la police secrète communiste dès le séminaire

Varsovie, 21 avril 2010 (Apic) L’Institut de la Mémoire Nationale (IPN) de Pologne publie un livre présentant des documents qui révèlent comment la police secrète communiste de l’époque a placé le futur pape Jean Paul II sous surveillance afin de trouver des éléments pour le faire chanter.

«En tant que prêtre, professeur et évêque, puis plus tard en tant qu’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla a toujours été considéré par les autorités politiques de l’époque comme un dangereux opposant idéologique», explique l’historien Marek Lasota, l’éditeur, dans la préface de l’ouvrage intitulé «Vers la vérité et la liberté: la police secrète communiste et Karol Wojtyla».

L’ouvrage s’ouvrent sur un document de police datant de mai 1946

Ce flicage systématique du futur pape est prouvé par le fait que la police secrète a utilisé toutes les méthodes opérationnelles ou moyens techniques possibles contre lui, de l’écoute téléphonique à l’ouverture de sa correspondance jusqu’à la surveillance directe par un réseau d’agents utilisés pour des activités de désinformation, ajoute-t-il.

L’ouvrage de 687 pages s’ouvre sur un document de police datant de mai 1946 qui s’intéresse aux relations de Karol Wojtyla avec un groupe d’étudiants patriotiques alors que le futur pontife était encore au séminaire.

En 2006, Janusz Kurtyka, président de l’Institut de la mémoire nationale (IPN) chargé d’enquêter et d’étudier les crimes commis contre la nation polonaise sous l’occupation allemande et le régime communiste, affirmait qu’entre 10 et 15 % des religieux et prêtres polonais avaient d’une manière ou d’une autre collaboré avec la police secrète SB. Au pic de son activité, en 1984, la SB recensait 8’334 informateurs dans le milieu catholique. Dans un livre paru la même année, l’historien Marek Lasota racontait déjà comment des dizaines d’agents opéraient autour de Karol Wojtyla, avant que l’archevêque de Cracovie ne devienne Jean Paul II. «Les informations rapportées par les agents prêtres concernaient les moindres détails de la vie quotidienne du futur pape, y compris la marque de ses lames de rasoir». (apic/cns/chm/be)

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