Malaisie: Des leaders chrétiens d’Asie demandent une refonte des organisations œcuméniques

Trop de bureaucratie et pas assez d’efficacité

Kuala Lumpur, 22 avril 2010 (Apic) Plusieurs responsables chrétiens d’Asie ont appelé de leurs vœux des changements dans la structure des organisations œcuméniques régionales et mondiales, comme le Conseil œcuménique des Eglises (COE). Ils leur reprochent trop de bureaucratie et souhaitent qu’elles deviennent plus efficaces pour répondre aux préoccupations de l’époque.

« Parfois je rêve que le Conseil œcuménique des Eglises (COE) devienne un mouvement et non pas une structure institutionnalisée », a déclaré l’évêque orthodoxe indien Yakob Mar Irenaios. Il a émis ce souhait à l’occasion de l’Assemblée générale de la Conférence chrétienne d’Asie (CCA), qui s’est tenue du 14 au 21 avril à Kuala Lumpur, en Malaisie.

Avoir une voix prophétique plus forte

« Ainsi l’enjeu est-il de réorganiser le COE de telle manière qu’il représente une voix prophétique plus forte pour les différentes Eglises à travers le monde », a expliqué l’évêque Irenaios, qui fait partie de l’Eglise orthodoxe syrienne de Malankara.

L’évêque Irenaios s’exprimait lors d’une réunion entre des responsables chrétiens asiatiques et le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du COE, organisée en marge de l’Assemblée de la CCA, qui a lieu tous les cinq ans. Le pasteur Tveit occupe son poste à la tête du COE à Genève depuis janvier. Il insiste sur l’importance du dialogue pour entretenir des liens plus étroits entre le COE et les responsables chrétiens d’Asie.

Les études sur la théologie et la mission restent pour la plupart à l’état de projets

Le COE compte 349 Eglises membres, essentiellement anglicanes, orthodoxes et protestantes dans le monde entier. La CCA, dont le siège est à Chiang Mai, en Thaïlande, est constituée de près d’une centaine d’Eglises et de 16 conseils nationaux d’Eglises d’Asie. L’évêque Irenaios a souligné que le COE et la CCA ont publié de nombreuses études et réflexions sur la théologie et la mission. « Mais la plupart d’entre elles restent à l’état de projets », selon lui.

Pour l’évêque Paul Sishir Sarkar, modérateur de l’Eglise (unie) du Bangladesh et membre du Comité général de la CCA, le dialogue théologique entre le COE et la CCA « s’adresse principalement aux intellectuels ». Ainsi, le problème est, selon lui, de savoir « comment apporter aux masses nos réflexions théologiques sur l’œcuménisme ». L’évêque Sarkar a suggéré que le COE et la CCA envisagent une « décentralisation » de leurs programmes et de leurs personnels.

Le dialogue théologique s’adresse principalement aux intellectuels

D’autres participants ont exprimé leur inquiétude quant aux finances de l’organisation chrétienne. Josef Purnama Widyatmadja, secrétaire exécutif du Centre pour le développement et la culture en Indonésie, une organisation d’Eglise, a indiqué qu’entre 70% et 80% du financement de la CCA provient de donateurs européens.

« Donc alors que nous cherchons à devenir autonomes, comme le prévoit la Constitution de la CCA, nous devons repenser le genre d’œcuménisme que nous voulons pour répondre à l’appel de notre époque », a-t-il déclaré. Pourtant, a ajouté Josef Widyatmadja, « je n’ai moi-même aucune réponse à fournir. Il est néanmoins temps de réorienter notre mission et notre vision. » (apic/eni/be)

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