«Plus de good news», malgré la crise

Suisse: Les évêques lancent la campagne du Dimanche des Médias 2010

Fribourg, 22 avril 2010 (Apic) Pour la 44e année, l’Eglise catholique en Suisse va célébrer les 15/16 mai prochain dans ses quelque 2’000 paroisses le traditionnel «Dimanche des médias». Certains médias ont critiqué cette campagne intitulée «Plus de good news» avant même qu’elle ne soit lancée. Le slogan avait été choisi par la Commission pour la communication et les médias de la Conférence des évêques suisses (CES) en novembre dernier déjà. Bien avant donc que les «mauvaises nouvelles» à propos des cas d’abus sexuels dans l’Eglise ne fassent la une des journaux.

Une pure campagne de relations publiques pour améliorer l’image de l’Eglise ? Bien sûr que non, puisque le thème de la campagne avait été choisi dans un tout autre contexte. Certes, la Commission a hésité sur l’opportunité d’une telle campagne en pleine polémique. Mgr Martin Werlen, Père-Abbé d’Einsiedeln, responsable des médias au sein de la CES, reconnaît, dans sa lettre aux agents pastoraux et aux responsables de paroisses, qu’en ce moment «l’Eglise fait la une des journaux avec de mauvaises nouvelles».

Pourtant, «c’est la mission de l’Eglise de prêcher l’Evangile – la Bonne Nouvelle. Nous le faisons de multiples manières. C’est pourquoi les évêques suisses se mobilisent: ensemble avec vous, nous nous engageons pour que la Bonne Nouvelle ait plus de place dans les médias !», souligne-t-il. Et de reconnaître qu’»il faut que nous nous confrontions sincèrement à la dure réalité qu’elles révèlent afin que les bonnes nouvelles retrouvent la place qu’elles méritent.»

Cette campagne n’a pas pour but de redorer l’image de l’Eglise confrontée aux abus sexuels

Imaginer que l’Eglise veut redorer son image par cette campagne est, de l’avis de ses responsables, complètement faux: «Il n’a jamais été question de campagne d’image», souligne André Kolly, président ad intérim de la Commission pour la communication et les médias de la CES.

5’000 affiches ont été envoyées dans les 2’000 paroisses de Suisse avec le slogan «Plus de good news». La campagne de ce 44e «Dimanche des médias» a été conçue par le célèbre designer zurichois Beda Achermann, qui compte parmi ses clients, notamment la Migros ou Swisscom. Pour ce professionnel de la communication, on doit justement lancer la campagne maintenant.

Outre la campagne d’affichage, l’Eglise catholique recherche les «bonnes nouvelles» également sur internet: depuis le 15 avril, elle présente dans les trois langues nationales son nouveau site internet, plus-de-good-news.ch. Les paroisses et les fidèles sont invités à mettre sur ce site des bonnes nouvelles: un événement particulièrement réussi, une manifestation spéciale dans une paroisse, dans un secteur pastoral ou au plan d’une Eglise cantonale. «Des nouvelles en provenance d’une Eglise vivante sont de bonnes nouvelles pour la société», peut-on lire sur le site «plus-de-good-news.ch».

«Durant cette journée, l’Eglise catholique, sur le plan mondial, veut faire comprendre que nous vivons dans une société où les médias ont une importance majeure», explique André Kolly, qui fut directeur jusqu’à l’automne dernier du Centre catholique de Radio et Télévision (CCRT) à Lausanne.

Les 43 campagnes précédentes ont chaque fois mis en évidence un thème particulier, comme être plus participatif à la communication, en connaître les langages et les codes, avec parfois un regard sur le cinéma, ou le livre, ou l’éducation aux médias pour les enfants ou les jeunes. «Il est plutôt sympathique de voir qu’en cette année où l’on met en évidence la recherche des bonnes nouvelles, certains s’aperçoivent enfin que l’Eglise catholique organise chaque année un Dimanche des médias, qui depuis toujours a lieu le dimanche entre l’Ascension et la Pentecôte», remarque celui qui fut à la tête du CCRT durant 21 ans.

Une volonté de réparation «qui est finalement aussi une bonne nouvelle»

André Kolly relève le fait que si l’Eglise veut mettre en évidence cette année l’émergence de bonnes nouvelles, «cela aide à ce que n’existent pas que la flagellation, la honte et la morosité». Le fait que ces jours-ci soient mis à jour des abus punissables, impunis ou cachés de la part de prêtres «révèle une réalité infiniment triste et lourde d’injustice et de douleurs pour les victimes», poursuit-il. «Cette mise à plat avec une volonté de réparation est finalement aussi une bonne nouvelle, car elle va dans le sens de l’élimination du mensonge et de l’appel à une vraie exigence morale pour soi-même».

Dans le cadre de son traditionnel «Dimanche des médias», relève pour sa part la Conférence des évêques suisses (CES), l’Eglise compte ainsi engager une réflexion critique sur les médias et susciter une autocritique. JB

Encadré

Des documents ont été retouchés au vu de l’actualité

Au vu de l’actualité, des documents qui étaient prêts à être imprimés ont été retouchés. Il s’agit principalement du matériel pour la préparation de la messe du Dimanche des médias. Dans la proposition de sermon, l’évêque auxiliaire émérite de Zurich, Mgr Peter Henrici, écrit que les catastrophes naturelles comme le tremblement de terre en Haïti, les conflits armés comme en Afghanistan, les scandales comme les abus sur des enfants et des jeunes commis jusque dans l’Eglise «sont de ’mauvaises nouvelles’ qui font la une des médias».

C’est naturellement la tâche des médias d’en parler ouvertement et honnêtement, reconnaît-il. «Mais dans le flux des mauvaises nouvelles, les bonnes nouvelles se trouvent hélas souvent perdues: les signes d’espérance pour un monde meilleur font écho à la Bonne Nouvelle de l’Evangile.»

«Une campagne du Dimanche des médias ne veut pas faire la leçon aux médias mais elle s’adresse aux croyants pour qu’ils discernent au-delà des médias les signes d’espérance», insiste pour sa part André Kolly. Les collectes organisées lors des messes du Dimanche des médias contribueront à soutenir le travail médiatique de l’Eglise dans ce sens.

Toutefois, la campagne ne se résume pas à des affiches et à des services religieux. Il ne s’agit pas seulement d’image, mais également d’actes. L’Eglise veut recueillir les nouvelles d’actions positives et faire ainsi contrepoids au monde des médias qui met en avant conflits et scandales. La «bonne nouvelle», comme le remarque André Kolly, «ce n’est pas forcément une nouvelle pour la une des quotidiens, mais c’est une réalité qui a du sens pour des personnes directement concernées.» Tout le monde est alors invité à envoyer ses bonnes nouvelles sur le site: www.plus-de-good-news.ch (apic/com/agk/be)

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