Pays fondateur de l’Union européenne

Rome: Benoît XVI appelle au « consensus » en Belgique, pour « le bien de tous »

Rome, 25 avril 2010 (Apic) Alors que la Belgique doit faire face à une énième crise gouvernementale sur fond de tensions entre Wallons et Flamands, Benoît XVI a appelé à «un consensus» qui ne soit pas qu’une «habileté purement dialectique» mais conduise au «bien de tous». Le pape, qui recevait en audience le nouvel ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège, Charles Ghislain, venu lui présenter ses lettres de créance dans la matinée du 24 avril 2010, a également souhaité que le «droit d’expression» de l’Eglise «soit respecté» dans ce pays majoritairement catholique.

Notant que la Belgique, «qui accueille déjà le siège des institutions communautaires, a vu sa vocation européenne une nouvelle fois réaffirmée à travers le choix» de Herman Van Rompuy comme premier président permanent du Conseil européen, Benoît XVI s’est dit convaincu que «ces choix successifs ne sont pas liés à la seule position géographique (du) pays et à son multilinguisme».

Rechercher le bien et le vrai

Pays fondateur de l’Europe, la Belgique «a dû s’impliquer et se distinguer dans la recherche d’un consensus dans des situations très complexes», a souligné le pape, qui s’exprimait en français, avant de souhaiter que cette «qualité» soit «encouragée à l’heure d’affronter, pour le bien de tous, les défis internes du pays». Et de «souligner aujourd’hui que pour porter du fruit à long terme, l’art du consensus ne se réduit pas à une habileté purement dialectique, mais doit rechercher le vrai et le bien».

La Belgique, appelée à récupérer la présidence tournante de l’Union européenne le 1er juillet prochain, vit actuellement une grave crise politique, dont le dernier rebondissement a été la démission de son gouvernement, le 22 avril dernier. Cette démission est intervenue peu après que le parti des libéraux flamands, membre de la coalition, eut décidé de quitter le gouvernement suite aux discussions difficiles sur les droits linguistiques spécifiques dont jouissent les francophones dans la banlieue flamande de Bruxelles.

Liberté d’expression de l’Eglise catholique

Devant le nouvel ambassadeur, Benoît XVI a également souhaité défendre la liberté d’expression de l’Eglise catholique qui, «depuis longtemps, (…) s’inscrit pleinement dans l’histoire et dans le tissu social» de la Belgique.

Saluant la «contribution très active» de l’Eglise «au service de toutes les composantes de la société belge», le pape a ainsi souligné qu’elle possédait, «en tant qu’institution, un droit à s’exprimer publiquement» sur «les questions d’intérêt commun» au même titre que «tous les individus et toutes les institutions».

Convaincu que, «malgré les évolutions sociologiques, le terreau chrétien est encore riche sur (la) terre» belge, le pape a alors estimé que l’Eglise respectait «la liberté pour tous de penser autrement» et a assuré qu’»elle aimerait aussi que soit respecté son droit d’expression».

Enfin, alors que l’Eglise belge traverse actuellement une grave crise de confiance après la démission de l’évêque de Bruges, Mgr Roger Vangheluwe, coupable d’abus sexuels, Benoît XVI a souhaité «saluer chaleureusement les évêques de Belgique» qu’il accueillera «très prochainement» en visite Ad Limina. Le pape les a alors encouragés à faire valoir «pleinement leur droit de proposer des valeurs qui respectent la nature humaine».

Un ambassadeur convaincu de l’unité de son pays

Pour sa part, le nouvel ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège a critiqué à la fois ses concitoyens qui se plaignent «du triste sort dans lequel se trouveraient la Belgique et son Eglise» ainsi que les médias qui affirment que «la Belgique est un pays divisé». Au contraire, le diplomate a assuré que la société belge respectait «la spécificité de chacun».

Né à Ixelles (Belgique) en 1951, Charles Ghislain a étudié les sciences politiques et le droit avant d’entamer, à la fin des années 1970, sa carrière diplomatique. Il a travaillé successivement en Autriche, en Hongrie, en Espagne et aux Etats-Unis, avant d’intégrer le ministère des Affaires étrangères belge au début des années 1990. Après avoir travaillé auprès de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) à Paris, Charles Ghislain a été notamment ambassadeur en Algérie de 1999 à 2000 avant de se mettre au service de différentes institutions européennes. Depuis 2006, il était ambassadeur en Ouzbékistan, Arménie et Géorgie, avec résidence à Bruxelles. (apic/imedia/cp/js)

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