Rome: L’Eglise demande une révision des politiques et des normes pour les migrants

L’Europe se sent comme une «’forteresse assiégée»

Rome, 28 avril 2010 (Apic) L’Eglise catholique invite à «revoir les politiques et les normes qui compromettent la sauvegarde des droits fondamentaux» des migrants. C’est que qu’a affirmé Mgr Antonio Maria Vegliò, président du Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement, le 28 avril à l’occasion du 8e Congrès européen sur les migrations du Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (CCEE) organisé à Malaga (Espagne) du 27 avril au 1er mai. Il a également déploré que l’Europe se sente comme une «’forteresse assiégée» et se mette «sur la défensive».

«L’Eglise entend affirmer la culture du respect, de l’égalité et de la mise en valeur des diversités», a ainsi affirmé Mgr Vegliò, avant de soutenir que les migrants étaient «porteurs de valeurs et de ressources». «C’est pour ces raisons, a-t-il poursuivi, qu’elle invite à revoir les politiques et les normes qui compromettent la sauvegarde des droits fondamentaux» des migrants. Et de citer «la réunion de la famille», «l’accès à la citoyenneté» ou encore «la stabilité du projet migratoire de chacun».

Au cours de ce congrès intitulé ›L’Europe des personnes en déplacement- Surmonter les peurs – Tracer des perspectives’, le chef de dicastère a assuré que l’Eglise continuerait de «s’engager pour que les rencontres et le dialogue interreligieux soient intensifiés», avant d’ajouter qu’elle «ferait toujours tout son possible pour que les législations sur la liberté religieuse s’inspirent d’un esprit de justice et de respect réciproque».

Selon Mgr Vegliò, «l’Eglise sait que la pleine intégration de toute minorité est essentielle pour le maintien de la concorde civile et de la démocratie». C’est pour cela qu’elle «entend, sur la base de la foi chrétienne, contribuer à la construction d’une Europe au visage humain, où soient sauvegardés les droits humains et les valeurs fondamentales de la paix, de la justice, de la liberté, de la tolérance, de la participation et de la solidarité».

Benoît XVI, pour sa part, dans un message envoyé aux participants de ce congrès, a demandé que les migrants aient la «ferme espérance de voir leurs droits reconnus» et qu’ils aient la possibilité d’»une vie digne dans tous ses aspects». Le pape a ensuite encouragé les organisateurs de ce congrès à «poursuivre leurs efforts afin que soit prêtée une attention pastorale adéquate envers tous ceux qui souffrent des conséquences d’avoir abandonné leur patrie».

L’Europe est-elle assiégée ?

Devant une centaine de délégués des Conférences épiscopales d’Europe, le président du Conseil pontifical en charge des migrants s’est en outre désolé que, sur le vieux continent, «les flux de la mobilité humaine soient perçus négativement par la population». Et de rappeler que des sondages «relèvent l’impression toujours plus répandue que les étrangers sont trop nombreux, qu’ils constituent une menace pour la culture et l’identité, pour l’ordre et la sécurité».

Par ailleurs, Mgr Vegliò a jugé que l’Europe se sentait comme une «’forteresse assiégée» qui «se met sur la défensive» et a ainsi déploré qu’il soit «probable que, bientôt, de nouveaux rideaux de fer soient fermés, avec des patrouilles fréquentes aux frontières et de nouvelles mesures de défenses côtières». «Les sociétés européennes sont, dans la réalité, devenues multiculturelles, multiethniques et plurireligieuses», a soutenu le prélat avant d’estimer qu’il fallait, «avec courage et clairvoyance, affronter des politiques d’intégration sociale et culturelle», tout en ne négligeant pas les «sérieuses interrogations» que posent les migrations. (apic/imedia/lb/bb)

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