Benoît XVI à Turin le 2 mai prochain
Rome, 30 avril 2010 (Apic) Le 2 mai prochain, pour la première fois de son pontificat, Benoît XVI se rendra à Turin, dans le nord de l’Italie, afin de se recueillir devant le Saint-Suaire, un linceul dans lequel, selon la tradition, le Christ aurait été enveloppé après sa mort.
Il y a 2 ans, annonçant son intention de vénérer la précieuse relique temporairement exposée dans la cathédrale de Turin, le pape avait confié qu’il souhaitait «contempler ce visage mystérieux qui parle silencieusement au coeur des hommes, les invitant à reconnaître le visage de Dieu».
Objet de dévotion, le linceul exposé aux fidèles depuis le 10 avril et jusqu’au 23 mai suscite autant d’engouement que de controverses sur son origine. Les premières traces avérées de l’existence du Saint-Suaire remontent au 14e siècle mais, au Vatican, une historienne est convaincue qu’il date du 1er siècle de notre ère. I.Media a interrogé l’Italienne Barbara Frale, des Archives secrètes du Vatican, qui a publié en novembre 2009 «La sindone di Gesu Nazareno» (Le suaire de Jésus de Nazareth) aux éditions Il Mulino.
Q.: Barbara Frale, en peu de mots, comment définiriez-vous le Saint-Suaire ?
Barbara Frale: Après de très nombreuses années de recherches, on peut affirmer qu’il s’agit d’une pièce archéologique textile, en lin, qui a les caractéristiques d’un objet du 1er siècle. Cet objet est vénéré parce qu’il est lié à la figure de Jésus de Nazareth. Cela appartient au monde de la foi car il y a une longue tradition qui le lie à la mort de Jésus décrite dans les Evangiles. En effet, les traces physiques et concrètes que nous voyons sur ce linceul sont identiques aux tortures subies par Jésus selon les Ecritures.
Q.: Cependant, en 1988, une datation au carbone 14 a fait remonter l’origine du linceul au Moyen Age…
Barbara Frale: En premier lieu, il convient de dire que l’ensemble du monde scientifique, en divers domaines – chimistes, physiciens, ingénieurs, experts en mesures mécaniques -, a démontré que l’examen au carbone 14 avait été mal fait. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une erreur volontaire, mais il y a eu tellement d’erreurs de procédures que le résultat n’est pas fiable. Ensuite, il y a l’étude historique et archéologique qui est effectuée avec des instruments qui ne sont pas ceux des analyses chimiques et physiques. Cette recherche se base pour sa part sur la comparaison avec d’autres objets dont l’ancienneté est certifiée.
Q.: Quels sont les résultats de ces recherches ?
Barbara Frale: Cette comparaison démontre que le tissu est ancien, que les techniques de couture sont les mêmes que celles de tissus juifs du 1er siècle. L’étoffe elle-même possède des caractéristiques décrites dans la Bible. Et puis, des scientifiques français (André Marion et Anne-Laure Courage, ndlr) ont trouvé des traces d’écritures qui provenaient de papyrus qui ont les caractéristiques d’un document du 1er siècle. Les métaux contenus dans l’encre de ces documents ont réagi avec la cellulose du linceul (…) et ont formé une espèce d’auréole où nous voyons aujourd’hui la forme des lettres. La forme de l’écriture, la signification et le contenu font penser à un document de cette époque, un acte authentifiant la sépulture d’un homme condamné à mort.
Q.: Quelle est la position officielle de l’Eglise concernant l’authenticité du linceul de Turin ?
Barbara Frale: C’est le pape qui peut se prononcer officiellement au nom de l’Eglise et, ni moi ni aucun autre chercheur ne pouvons le faire. Pour autant, à la fin du 15e siècle, Sixte IV avait défini le Saint-Suaire comme étant le véritable linceul de la mort de Jésus. Quant au pape Jules II, au début du 16e siècle, il institua une liturgie pour le culte du Saint-Suaire. Jean Paul II l’a défini quant à lui comme étant la plus splendide des reliques de la Passion et, aujourd’hui, c’est Benoît XVI qui se rend en pèlerinage auprès du Saint-Suaire. (apic/imedia/ami/pr)
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