A l’origine de cette mesure, le cas d’une adolescente qui fait parler d’elle
Berne, 2 mai 2010 (Apic) L’administration de la Ville de Berne est en train d’édicter des règles au sujet de l’habillement de ses employés. Un point devrait concerner en particulier le port du voile et du foulard, annoncent plusieurs journaux du dimanche 2 mai.
Cette affaire trouve sa source dans le comportement d’une adolescente de 17 ans, convertie à l’islam, qui a débuté en été 2009 un apprentissage de commerce à la Direction des travaux publics. Elle se présente au travail la tête recouverte d’un foulard et le reste du corps entièrement voilé. L’adolescente se dit mariée avec le secrétaire général du Conseil central islamique suisse (CCIS), Naim Cherni.
«Après ses apparitions publiques avec le corps entièrement couvert, tout a pris une autre dimension, de nouvelles questions sont apparues», affirme dans le journal «Sonntag» le secrétaire général de la Direction des travaux publics à Berne, Stefan Schwarz. Jusqu’à maintenant, la municipalité ne disposait d’aucun règlement spécifique pour de telles situations.
Le cas de l’adolescente Ferah U. est devenu très connu en Suisse allemande depuis son apparition à l’émission de télévision «Arena» le 23 avril, rapporte le 1er mai le quotidien romand «Le Temps». «Je porte ce voile de mon plein gré», a-t-elle assuré en dialecte bernois devant les caméras de la chaîne suisse alémanique SF-DRS. La jeune fille a brusquement abandonné jeans et baskets de volleyball et changé de vie. Ses parents, des Kurdes alévis dont elle a quitté le domicile, dénoncent une «instrumentalisation» de sa part. Et dans le Tages-Anzeiger de vendredi, la jeune fille a parlé de mise sous pression par sa famille qui «n’accepte pas» l’islam sunnite qu’elle a choisi depuis neuf mois, rapporte «Le Temps».
Par ailleurs, le Conseil central islamique suisse (CCIS) est maintenant visé par une campagne des auteurs de l’initiative anti-minarets. A l’enseigne du «Comité d’action contre l’islamisation stratégique de la Suisse», ils ont demandé à l’Office fédéral de la justice d’interdire l’association basée à Bienne et présidée par Nicolas Blancho. «Le CCIS propage un islam qui est orienté, mot à mot, sur les déclarations du Coran et qui repose sur le droit islamique de la charia», a dénoncé le 30 avril le comité. Deux experts qu’ils ont mandatés, Hans-Peter Raddatz et Heinz Gstrein, ont conclu que les buts du CCIS étaient contraires au droit suisse. (apic/ag/ak/bb)
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