Fribourg: L’association des femmes touchées par le célibat des prêtres optimiste

La ZöFra espère renouer le dialogue avec les évêques

Fribourg, 3 mai 2010 (Apic) L’association des femmes touchées par le célibat des prêtres en Suisse (plus connue sous le nom de ZöFra) se veut désormais optimiste. Le dialogue instauré en 1997 entre la ZöFra et la Commission « Evêques-Prêtres » de la Conférence des évêques suisses (CES), interrompu il y a 3 ans, devrait pouvoir reprendre. C’est ce qu’a déclaré lundi à l’Apic Gabriella Loser Friedli, présidente de la ZöFra, résidant à Prez-vers-Noréaz/FR.

« J’ai contacté vendredi soir l’Abbé d’Einsiedeln, Mgr Martin Werlen, présent à une discussion publique à l’Université de Fribourg sur le thème des abus sexuels envers des mineurs dans l’Eglise et dans la société, et il a fait montre d’une très grande ouverture. Je lui ai écrit ce week-end, et j’espère que l’on pourra renouer le dialogue avec les évêques », insiste Gabriella Loser Friedli.

Son organisation – qui compte une centaine de membres, pour la plupart des femmes mariées à des prêtres – a eu pendant des années de très bon contacts avec la Commission « Evêques-Prêtres », un « contact institutionnalisé », poursuit-elle. « La ZöFra menait des discussions fructueuses avec la Commission, mais cela ne donnait rien au niveau des évêques. Nous avons alors décidé de cesser les contacts, et depuis trois ans, c’est le silence total ». Gabriella Loser Friedli croit à la possibilité de dialoguer avec Mgr Werlen, « un homme sincère ».

Organisée au départ en réseau sans base juridique, la ZöFra existe depuis 1987 en Suisse. C’est une association d’entraide destinée aux femmes qui se retrouvent dans une situation de vie difficile à cause de leur relation avec un prêtre catholique, ou qui souffrent toujours des conséquences d’une telle relation.

Elle regroupe une vingtaine en Suisse romande, très peu, pour des raisons de langue au Tessin, où les personnes concernées s’adressent plutôt à des associations d’Italie du Nord. Ces dernières années, l’organisation a accompagné 450 personnes, mais la plupart d’entre elles, notamment les compagnes de prêtres clandestines, ne veulent pas être enregistrées et faire partie officiellement de l’association. «  »Beaucoup ont très peur d’apparaître au grand jour et de figurer sur des listes… »

La ZöFra fête ses 10 ans à Lucerne le 6 novembre prochain

Pour les 10 ans de sa fondation en tant qu’association, la ZöFra organise une grande fête à Lucerne le 6 novembre prochain. La journée sera notamment animée par un groupe de femmes autrichiennes, le Frauen-Kirchen Kabarett, de Vienne.

A propos des cas de pédophilie qui secouent l’Eglise catholique dans diverses parties du monde, Gabriella Loser Friedli estime qu’il est grand temps que le calme revienne pour qu’une analyse fondée et un travail adéquat puissent enfin commencer. Pour la présidente de la ZöFra, « le célibat obligatoire (des prêtres, ndr) comporte un potentiel destructeur pour de nombreux hommes. En ce sens, nous sommes d’avis qu’il n’y a pas de liens directs – certainement indirects – entre la manière de gérer sa sexualité, dans le sens large du terme, et la criminalité pédophile ». Le comité de l’association réfléchit à la mise sur pied d’une journée d’étude sur ce thème. (apic/be)

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