Afrique: Conférence interparlementaire à Dakar sur les mutilations génitales féminines

Appel à l’ONU pour une interdiction universelle de cette pratique

Dakar, 5 mai 2010 (Apic) Des parlementaires de 28 pays d’Afrique, concernés par la pratique des mutilations génitales féminines (MGF) ont lancé, mardi 4 mai à Dakar, un appel à l’ONU pour son interdiction universelle. Ils souhaitent que l’ONU, lors de sa 65e assemblée générale en septembre prochain, adopte une résolution dans ce sens.

A l’issue d’une conférence de deux jours (3 et 4 mai) dans la capitale sénégalaise, sur le thème «Harmoniser les instruments légaux contre les mutilations génitales féminines: partager les succès – consolider les acquis – poursuivre les avancées», ils ont demandé aux gouvernements ouest-africains, à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Est et à l’Union africaine, de porter et faire adopter cette résolution par l’ONU dans le courant cette année.

Selon la déclaration finale des assises de Dakar, cette recommandation vise à «éradiquer définitivement le fléau des MGF dans le monde entier». Ces mutilations sont considérées par les participants, comme un défi pour la communauté internationale, nécessitant de ce fait «une réponse cohérente» de l’ONU.

Le texte souligne aussi la nécessité d’harmoniser les instruments légaux interdisant les MGF qui constituent une «violation flagrante» des droits des femmes et des filles. Il préconise également un engagement des différents parlements nationaux des pays concernés, à poursuivre la mise en œuvre des mesures législatives nécessaires à la pleine application des différents points de la déclaration.

Chaque année, trois millions de jeunes filles sont excisées en Afrique

«Ces mêmes parlements doivent être conscients que la loi qu’ils ont votée dans leurs pays respectifs contre l’ablation du clitoris est un élément essentiel pour la prévention et l’élimination des MGF», peut-on lire dans la déclaration.

Pour la vice-présidente du sénat italien, Emma Bonino, «il faut pousser pour réussir l’éradication du phénomène des MGF». «A un problème complexe, il faut une stratégie complexe. Parfois, il faut pousser sur le terrain, parfois il faut mener la bataille sur le plan économique. Il faut également mener le combat sur le plan politique pour pousser les autorités», a-t-elle ajouté.

Lors de la conférence, la représentante du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), Rose Gkuba, citant un rapport de l’ONU, a indiqué que chaque année, trois millions de jeunes filles sont excisées en Afrique. Selon les statistiques officielles, parmi les 53 pays que compte l’Afrique, 19 ont adopté des mesures interdisant l’excision. Les MGF consistent à ôter, par des moyens chirurgicaux souvent rudimentaires, tout ou partie des organes génitaux externes féminins. Il s’agit d’une pratique ancestrale persistant dans de nombreux pays, essentiellement pour des raisons relevant de la coutume ou de soi-disant prescriptions religieuses. Ces pratiques mutilatrices, qualifiées fréquemment de barbares, ont précédé l’apparition des religions du Livre, et ne sont pas prescrites par le Coran, contrairement à certaines croyances. (apic/ibc/be)

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