Suisse: Widmer-Schlumpf favorable à une interdiction de la burka, Maurer opposé

Le Conseil fédéral divisé sur la question de la burka

Berne, 9 mai 2010 (Apic) La conseillère fédérale suisse Eveline Widmer-Schlumpf est favorable à l’interdiction du port de la burka dans les espaces publics. Dans une interview au journal «Sonntag» du 9 mai, elle se dit opposée à toute forme de «déguisement». Son collègue, Ueli Maurer, s’est prononcé dans le «Sonntagsblick» de ce même jour contre l’interdiction du port du voile musulman.

La Conseillère fédérale estime que dans le domaine public on doit pouvoir voir l’intégralité du visage de la personne rencontrée, et pas seulement les yeux. «La liberté de porter la burka se limite, selon Eveline Widmer-Schlumpf, là où d’autres personnes se sentent menacées ou que leur sécurité est mise en danger».

Dans les contacts avec les autorités, le visage doit être généralement reconnaissable. La ministre de la justice considère que le port du voile islamique à l’école publique est problématique et que cette question doit être discutée avec les cantons. Il est cependant déjà admis que le personnel enseignant n’est pas autorisé à porter le voile islamique. Les enseignants doivent être «confessionnellement neutres».

Eveline Widmer-Schlumpf ne voit aucun problème à afficher des symboles chrétiens: dans une culture imprégnée de chrétienté depuis la nuit des temps, une croix à l’école ne me dérange pas. Selon elle, la croix ne représente pas une influence chrétienne mais appartient à «notre principale identité culturelle». En outre, la ministre de la justice s’oppose à toute réglementation particulière pour les élèves musulmans en matière de natation, de participation aux camps scolaires et aux cours d’éducation sexuelle des filles.

Le conseiller fédéral Maurer contre une interdiction

Pour le collègue d’Eveline Widmenr-Schlumpf, Ueli Maurer, une interdiction du port de la burka ne saurait entrer en question. «Dans un Etat libéral, dit-il, on n’a pas à se donner des codes vestimentaires». Pour lui, l’interdiction de la construction de minarets n’a rien à voir avec celle du port de la burka. «Le minaret peur signifier une revendication de pouvoir. C’est probablement la raison pour laquelle l’initiative populaire a été acceptée», dit-il au Sontagsblick.

Les déléguées des associations féministes de Suisse ne se sont pas exprimées explicitement pour une interdiction de la burka, mais elles ont, lors de leur assemblée annuelle samedi à Berne, demandé que des règles claires soient établies. Elles ont aussi demandé que dans la sphère publique, les visages soient reconnaissables. (apic/ats/gs/js)

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