Visite du pape au Portugal A Fatima, Benoît XVI redit les dangers du divorce, du mariage homosexuel et de l’avortement

Des dangers parmi les plus insidieux et les plus dangereux

Fatima, 14 mai 2010 (Apic) Dans un Portugal où le divorce et l’avortement ont été légalisés depuis la visite de Jean Paul II en 2000 et qui s’apprête à autoriser le mariage homosexuel, Benoît XVI a salué jeudi les initiatives en faveur de « la vie, dès sa conception, et de la famille, fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme ».

Au cours d’une rencontre avec des membres des organisations portugaises d’action sociale, le 13 mai 2010, à Fatima, le pape a aussi appelé ces derniers à ne pas répondre à « la logique de l’efficacité, de la visibilité et de la publicité » en matière d’aide aux plus démunis.

Devant des milliers d’acteurs sociaux, dans l’église de la Sainte-Trinité, Benoît XVI a ainsi assuré apprécier vivement toutes les « initiatives sociales et pastorales qui cherchent à lutter contre les mécanismes socio-économiques et culturels conduisant à l’avortement ». Le pape s’est félicité que ces initiatives tiennent clairement compte de la défense de la vie, de la réconciliation, et de la guérison des personnes blessées par le drame de l’avortement.

« Les initiatives qui ont pour but de sauvegarder les valeurs essentielles et premières de la vie, dès sa conception, et de la famille, fondée sur le mariage indissoluble entre un homme et une femme, a poursuivi le pape, aident à répondre à certains des défis les plus insidieux et les plus dangereux qui aujourd’hui s’opposent au bien commun ».

Le Portugal, pays de forte tradition catholique, a légalisé l’avortement en 2007

Le Portugal, pays de forte tradition catholique, a légalisé l’avortement en 2007. Le 10 avril, le président de la République Anibal Cavaco Silva avait alors promulgué le projet de loi légalisant l’avortement jusqu’à la 10e semaine de grossesse, 2 mois après un référendum populaire favorable à cette loi. La participation avait été insuffisante mais le texte avait été approuvé par près de 6 Portugais sur 10.

Un an plus tard, en avril 2008, le Parlement portugais avait voté la loi légalisant le divorce, un texte promulgué par le chef d’Etat en octobre de la même année. En outre, votée en février dernier par la majorité de gauche du parlement, la loi sur le mariage homosexuel doit être promulguée par le chef de l’Etat avant le 17 mai selon les délais légaux.

Faire face à la culture dominante

Devant quelque milliers de travailleurs sociaux, le souverain pontife s’est en outre dit conscient qu’il n’était « pas facile d’arriver à une harmonie satisfaisante entre la vie spirituelle et l’activité apostolique » face à « la pression exercée par la culture dominante, qui présente avec insistance un style de vie fondé sur la loi du plus fort, sur le gain facile et alléchant ».

Cette culture, aux yeux du pape, « finit par influencer notre mode de penser, nos projets et les perspectives de notre service » et menace de « les vider de cette motivation de foi et d’espérance chrétiennes qui les avait suscités ».

Attention à la seule logique de l’efficacité, de la visibilité et de la publicité

En particulier, Benoît XVI a conseillé aux opérateurs sociaux de ne pas chercher des solutions « qui répondent à la logique de l’efficacité, de la visibilité et de la publicité », lorsqu’ils doivent faire face aux « nombreuses et pressantes demandes d’aide et de soutien » de la part des personnes pauvres et en marge de la société.

« Il est fondamental, a encore ajouté le pape, d’accorder à l’activité caritative chrétienne une autonomie et une indépendance à l’égard de la politique et des idéologies ». I

Le pape déplore l’existence de « croyants honteux de leur foi »

Devant les évêques du Portugal, Benoît XVI a déploré l’existence de « croyants honteux de leur foi » au sein du monde politique, médiatique et intellectuel, qui participent ainsi en quelque sorte à la diffusion du sécularisme et de la pensée unique, le 13 mai 2010 à Fatima. Le pape a en revanche apporté son soutien au développement des communautés nouvelles dans l’Eglise et à l’expérience « convaincante » des charismes.

Le pape a rencontré la cinquantaine d’évêques portugais dans une salle de conférences de la « Casa Nossa Senhora do Carmo », où il réside pendant son séjour dans le sanctuaire de Fatima. Devant les responsables des 21 diocèses du pays et les évêques à la retraite, Benoît XVI a particulièrement soutenu que l’époque actuelle exigeait un nouveau dynamisme missionnaire des chrétiens, appelés à former un laïcat mûr « surtout dans ces milieux humains où le silence de la foi est plus grand et plus profond ». Il s’en est alors pris aux hommes politiques, aux intellectuels et aux professionnels de la communication qui « professent et promeuvent une orientation culturelle unique, en méprisant la dimension religieuse et contemplative de la vie ».

Des croyants qui prêtent leur concours au sécularisme

S’il a regretté la présence, dans ces milieux, de « croyants honteux de leur foi qui prêtent leur concours au sécularisme, qui fait obstacle à l’inspiration chrétienne », le pape s’est réjoui de l’action de ceux, nombreux, qui défendent avec courage une pensée catholique vigoureuse. La veille, déjà, il avait invité les catholiques portugais à « manifester sans honte les signes de la foi ».

Le souverain pontife a alors vanté les mérites de la rencontre avec les personnes croyantes, qui constitue à ses yeux la meilleure attitude dans un contexte où la foi catholique n’est plus le patrimoine commun de la société. En effet, a expliqué Benoît XVI, des simples discours, des rappels moraux ou des allusions générales aux valeurs chrétiennes ne suffisent pas à empêcher que la foi soit « étouffée et supplantée par les ›idoles’ et par les maîtres de ce monde ».

Ne jamais craindre de hausser le ton en faveur des opprimés et des humiliés

Aux évêques portugais, le pape a demandé en outre d’être les « défenseurs des droits inaliénables de la personne », de ne « jamais craindre de hausser le ton en faveur des opprimés, des personnes humiliées et maltraitées ».

De façon inhabituelle, dans son discours, Benoît XVI a en outre confié aux prélats portugais avoir eu une agréable surprise dans la prise de contact avec les mouvements et les nouvelles communautés ecclésiales, manifestations d’un « nouveau printemps » dans « un moment de fatigue de l’Eglise » après le Concile Vatican II (1962-1965).

« Grâce aux charismes, la radicalité de l’Evangile, le contenu objectif de la foi, l’influx vivant de sa tradition sont communiqués de façon convaincante », a renchéri le pape. Cet aveu prend un sens tout particulier alors que le pape pourrait prochainement annoncer, murmure-t-on au Vatican, la création d’un nouveau dicastère chargé de l’évangélisation de l’Occident, en réaction à la sécularisation croissante dans de nombreux pays. JB/AMI/CP

Encadré

Le « roi » du Portugal juge que les difficultés économiques de son pays sont l’occasion de faire des sacrifices.

Duarte de Bragance, prétendant au trône au Portugal, a jugé que les difficultés économiques de son pays étaient l’occasion de faire les « sacrifices » demandés par la Vierge de Fatima, le 13 mai 2010. Interrogé par l’agence de presse I.MEDIA, le chef de la Maison royale portugaise a aussi estimé que la population avait accueilli Benoît XVI avec enthousiasme.

Alors que le Portugal a décidé, le 13 mai, de nouvelles mesures d’austérité pour réduire de manière drastique son déficit budgétaire, le duc de Bragance a rappelé que Notre-Dame de Fatima avait demandé aux fidèles de « faire des sacrifices » et que cette crise était « une bonne occasion d’en faire quelques-uns ».

« Une visite particulièrement importante et un moment de réflexion pour tout le peuple portugais ». C’est ainsi que Duarte de Bragance a qualifié, en outre, le séjour du pape dans son pays, expliquant que le souverain pontife avait aussi « rappelé quelle était la mission d’évangélisation du Portugal, une mission qui n’est pas terminée ». Duarte de Bragance, qui a également jugé que son pays avait « très bien accueilli le pape, dans un grand enthousiasme », avait assisté à plusieurs cérémonies présidées par le pape au cours de son séjour au Portugal.

Agé de 65 ans, Duarte de Bragance est prétendant au trône au Portugal. Filleul de Pie XII, il est l’arrière-petit-fils du roi Michel Ier (1828-1834), par sa ligne paternelle, et également descendant de Pierre IV (1826), par sa ligne maternelle, descendant de la branche directe de la maison de Bragance. Le chef de la Maison royale de Portugal, s’il n’est que prétendant au trône, possède une place dans le protocole de la République. (apic/imedia/ami/cp/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/des-dangers-parmi-les-plus-insidieux-et-les-plus-dangereux/