Suisse: Fin du voyage en Syrie et au Liban du Groupe de travail «Islam» de la Conférence des évêques suisses

L’islam est devenu un facteur dont il faut tenir compte en Suisse

Fribourg, 16 mai 2010 (Apic) Le Groupe de travail «Islam» de la Conférence des évêques suisses (CES) est rentré en Suisse samedi 15 mai 2010, après une semaine en Syrie et au Liban. Ce voyage s’est déroulé sous l’égide de Mgr Pier Giacomo Grampa, évêque de Lugano, et a permis la rencontre d’autorités chrétiennes et musulmanes locales. Il avait pour objectif de se familiariser avec la manière dont ces pays du Moyen-Orient vivent les relations entre chrétiens et musulmans.

Par cette visite, la délégation suisse tenait également à soutenir moralement les chrétiens minoritaires de cette région. Elle leur a présenté la problématique des rapports interreligieux en Suisse, spécialement eu égard à ce que l’islam est devenu un facteur dont il faut tenir compte en Suisse.

Le patriarche Grégoire III Laham brosse un tableau positif de la situation des chrétiens en Syrie.

A Damas, parmi les nombreux contacts religieux, la délégation a notamment rencontré le patriarche de l’Eglise grecque-melkite-catholique, Grégoire III Laham, qui a brossé un tableau, plutôt positif, du statut de sa communauté en Syrie. D’autres autorités chrétiennes rencontrées étaient plus critiques.

Du côté musulman, le Groupe de travail «Islam» de al CES s’est entretenu avec le Grand mufti, cheikh Badr Ad-Din Hassoun, le plus haut personnage religieux de Syrie, qui a tenu un discours très humaniste. Il a également insisté sur les points communs du christianisme et de l’islam quant au caractère sacré de l’homme. Il a aussi clairement affirmé la distinction entre religion et politique.

Le Groupe de travail a également rencontré la vice-présidente de la Syrie, Najar Attar. Pour elle, la Syrie est «une seule et même famille, la famille de tous les citoyens syriens».

Au Liban, échanges avec des chrétiens, des druzes, des sunnites et des chiites

Au Liban, grâce à la bonne organisation de l’émir Harès Chehab, un chrétien maronite, secrétaire général du Comité National Islamo-Chrétien pour le Dialogue, le Groupe de travail «Islam» a également pu voir diverses personnalités, notamment le Patriarche de l’Eglise maronite, le cardinal Nasrallah Pierre Boutros Sfeir. Comme les autres représentants maronites, il fait part à la délégation des soucis de la minorité chrétienne au Liban.

Le Groupe de travail a eu des échanges à la fois avec les chiites, les sunnites et les druzes. Toutes sont favorables au maintien du communautarisme religieux et du confessionnalisme, qui caractérisent toujours la nature de la société et du système politique libanais.

Au plan académique, les interlocuteurs du Groupe de travail ont été le Père jésuite Salim Daccache, directeur du Centre de Documentation et de Recherches Arabes Chrétiennes de l’Université Saint-Joseph, et le Père Georges Massouh, directeur du Centre d’Etudes Islamo-Chrétiennes à l’Université orthodoxe de Balamand. Tous deux ont apporté un regard approfondi et réaliste sur la situation politique et religieuse du Liban, note la délégation suisse.

Mgr Grampa relève les points communs entre chrétiens et musulmans

De son côté, Mgr Pier Giacomo Grampa, président du Groupe de travail «Islam», s’est dit heureux des rencontres faites. Il a également relevé les points communs aux religions chrétienne et musulmane, à savoir la recherche de la vérité, la construction de l’homme et la distinction entre politique et religion. Le président du Groupe de travail a aussi souligné dans toutes les rencontres que chrétiens et musulmans ont, dans la société, des responsabilités communes. Tout au long son périple moyen-oriental, le Groupe de travail «Islam» a joui d’une hospitalité remarquable de la part de toutes les communautés religieuses rencontrées, note la CES dans un communiqué publié samedi. (apic/com/ces/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/l-islam-est-devenu-un-facteur-dont-il-faut-tenir-compte-en-suisse/