Surmédiatisation de l’organisation fondamentaliste de Nicolas Blancho
Berne, 16 mai 2010 (Apic) Contrairement à Alard du Bois-Reymond, directeur de l’Office fédéral des migrations (ODM), qui estimait récemment encore que l’organisation de Nicolas Blancho représentait un «problème pour la sécurité du pays», Markus Seiler, directeur du Service de renseignements de la Confédération, veut calmer le jeu. Le Conseil central islamique suisse (CCIS), qui ne cesse depuis un certain temps de faire la une des médias, n’est «pas vraiment dangereux». Aucun élément violent n’a été décelé au sein de cette association, a-t-il indiqué dans le quotidien alémanique «Mittelland Zeitung».
Alard du Bois-Reymond avait fait savoir au début du mois que le CCIS serait exclu du dialogue que veut entretenir la Confédération avec la population musulmane de Suisse. Quant à Markus Seiler, il ne veut pas en dire plus sur les éventuelles mesures de surveillance prise à l’encontre du CCIS. Il relève que les services de renseignements ne communiquent pas publiquement à ce propos.
En l’état actuel des choses, la Confédération suisse ne veut pas dialoguer avec le CCIS, présidé par le très médiatique Biennois Nicolas Blancho. Le CCIS, fondé par de jeunes convertis à l’islam, ne fait pas partie des interlocuteurs agréés. Pour l’ODM, la grande majorité des quelque 350’000 musulmans qui vivent en Suisse est bien intégrée ou s’efforce d’y parvenir.
«Si le dialogue doit être engagé avec ces personnes, il ne doit pas inclure le CCIS», avait déclaré l’ODM dans un communiqué. Le CCIS avait été invité à se distancier explicitement de la lapidation des femmes, qu’avait justifiée Nicolas Blancho en arguant que c’était une exigence de sa religion, mais qu’il ne demandait pas son application en Suisse. Pour le directeur de l’ODM, il n’est pas possible de négocier sur certaines valeurs comme l’égalité entre hommes et femmes. Il est également hors de question d’introduire un conseil de la fatwa. «Il importe effectivement d’éviter l’émergence de sociétés parallèles», insiste l’ODM.
D’autre part, Herbert Winter, président de la Fédération Suisse des Communautés Israélites (FSCI), s’est prononcé dimanche contre l’interdiction du voile islamique intégral. Dans une interview au journal alémanique «NZZ am Sonnatag», il s’est certes déclaré comme n’étant pas un ami de la burqa et a dit rencontrer volontiers les gens à visage découvert, mais que cela ne servirait pas à l’intégration des minorités religieuses si l’on comnbattait leurs symboles religieux. Pour le juriste zurichois, il n’y a aucune raison qu’un Etat libéral doive se mêler de ces questions. (apic/odm/com/be)
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