Zambie: La Coupe du Monde en Afrique du Sud pourrait favoriser la traite des personnes
Lusaka, 17 mai 2010 (Apic) Le Centre jésuite pour la réflexion théologique (JCTR) de Lusaka, en Zambie, a appelé les citoyens à se mobiliser et à mener des actions de sensibilisation contre la traite des personnes, avant la Coupe du Monde en Afrique du Sud, dont le coup d’envoi sera donné le 11 juin prochain.
Dans une déclaration signée par Sœur Kayula Lesa, enseignante sociale et coordonnatrice du JCTR, et rapportée par le Service d’information catholique pour l’Afrique (CISA), le JCTR a noté que la Coupe du Monde, organisée pour la première fois en Afrique, suscite beaucoup d’enthousiasme et de fierté pour les Africains. Cependant, le document fait également part d’une grande inquiétude, concernant la «terrible traite» des êtres humains, qui pourrait se développer lors de cet événement.
En Zambie, le trafic humain vers l’Afrique du Sud, via le Zimbabwe, et vers l’Europe, via le Malawi, est très développé. Les femmes et les enfants en sont les principales victimes. Les rapports des services compétents à ce sujet sont «alarmants». Cette situation a contraint le gouvernement à adopter en septembre 2008, une loi réprimant la traite ou le trafic des humains. Le texte préconise une sensibilisation des populations, d’ici le démarrage de la Coupe du Monde, estimant que les victimes potentielles sont premièrement les personnes qui n’ont jamais entendu parler de traite des êtres humains. Il recommande aussi une prière pour les victimes de la traite des humains, une promotion des politiques gouvernementales en faveur des pauvres et un soutien à l’action de la police. «Nous avons pour devoir d’éduquer les familles et les personnes dans nos collectivités», souligne la déclaration, relevant qu’il ne faut pas se limiter à une seule journée de prière, le dimanche, pour les victimes.
Pour le JCTR, la pauvreté est le facteur principal qui alimente «ce crime» que constitue le trafic humain. La recherche d’une vie meilleure conduit les nombreuses victimes aux mains des trafiquants. Il est donc nécessaire de réclamer des politiques sociales plus favorables aux pauvres et de promouvoir les droits économiques et sociaux des couches sociales défavorisées, dans la future nouvelle Constitution, en cours d’élaboration. S’agissant du soutien à la police, le document explique qu’il faut coopérer avec celle-ci, en lui signalant notamment les cas de soupçon, pour lui permettre de prendre des mesures adéquates. «Nous avons encore la possibilité de sauver au moins une personne de la traite humaine», a annoncé le JCTR, faisant remarquer que «pour beaucoup de victimes, cette activité est facilitée par des proches parents, des connaissances, des chefs religieux ou encore des hommes d’affaires». Les trafiquants font miroiter aux victimes et à leurs familles des opportunités qui leur permettraient d’améliorer leurs conditions de vie.
Selon le Centre jésuite, le risque d’une forte augmentation du trafic humain pendant la Coupe du Monde en Afrique du Sud, est d’autant plus élevé que ce pays est déjà «une destination populaire» pour forte délinquance dans ce domaine. L’Eglise catholique est alertée par cette pratique depuis quelques temps déjà. Une collaboration entre les organisations qui luttent contre ce crime, telles que l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les Sœurs de la Charité (RSC) et les Femmes et Droit en Afrique Australe (WLSA), pourrait sauver des personnes de la traite humaine. (apic/apmc/ibc/fb)
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