Rome: Rencontre entre Benoît XVI et le patriarche Cyrille évoquée à Rome
Rome, 19 mai 2010 (Apic) Le «numéro deux» de l’Eglise orthodoxe russe souhaite une rencontre entre Benoît XVI et le patriarche Cyrille. De tels souhaits ont souvent été formulés de part et d’autre côté orthodoxe et catholique, tous demeurés sans lendemain, en raison des tensions latentes entre Rome et Moscou, souvent attisées par Moscou.
Intervenant devant la presse au Vatican le 19 mai 2010, au cours d’une visite à Rome, le président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou, le métropolite Hilarion Alfeyev, a fait part de son «souhait» et de son «espoir» qu’une rencontre puisse avoir lieu entre Benoît XVI et le patriarche Cyrille. Le «numéro deux» du Patriarcat de Moscou intervenait lors de l’ouverture au Vatican de 2 journées inédites ›de culture et de spiritualité russe’. Il devait rencontrer un peu plus tard le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège.
«La rencontre entre le pape et le patriarche devra être un évènement historique, non seulement parce que le chef de l’Eglise catholique et le patriarche de Moscou se rencontreront pour la première fois, mais parce que cette rencontre devra être le signe de notre volonté d’aller de l’avant dans nos rapports», a affirmé devant la presse Mgr Hilarion Alfeyev.
«Je voudrais exprimer le souhait, a-t-il ajouté, que l’on puisse parvenir à une rencontre non pas entre n’importe quel pape et n’importe quel patriarche de Moscou, mais entre Benoît XVI et Cyrille». Après avoir confié que «les temps» avaient «changé», ainsi que «les personnes», depuis l’élection «très positivement accueillie» de Benoît XVI et celle du patriarche Cyrille, le métropolite Hilarion a fait part de son «souhait» et de son «espoir» que la rencontre entre les deux hommes ait lieu.
«En mentionnant ces 2 personnes, j’ai presque posé une deadline !», a ajouté le métropolite Hilarion avec le sourire, sans pour autant donner de date mais en souhaitant qu’une telle rencontre soit «bien préparée». «Il nous faut travailler», a conclu le «numéro deux» du Patriarcat de Moscou.
Devant la presse, le président du Conseil pontifical pour la promotion de l›unité des chrétiens a pour sa part présenté ces Journées de culture et de spiritualité russe comme «une nouvelle étape» dans les rapports entre Rome et Moscou, et plus encore comme «une nouvelle dimension» de ces rapports œcuméniques. «Nous ajoutons aujourd’hui le dialogue culturel au dialogue théologique, au dialogue spirituel et au dialogue de la vie que nous entretenons depuis le Concile Vatican II», a encore soutenu le cardinal Walter Kasper.
En réponse, le président du département des relations extérieures du Patriarcat de Moscou a jugé qu’»une meilleure atmosphère» dans les rapports œcuméniques pourrait contribuer aussi au dialogue théologique. Cependant, a ajouté le métropolite Hilarion, «le dialogue culturel ne peut directement influencer le dialogue théologique».
Le métropolite a précisé que ce dialogue théologique durerait «encore longtemps», et qu’il butait essentiellement sur «la situation en Ukraine». Les rapports entre Rome et Moscou achoppent ainsi de longue date sur la présence en Ukraine de chrétiens de rite oriental fidèles à Rome, les uniates. L’Eglise orthodoxe russe, pour qui l’Ukraine fait partie de son territoire canonique traditionnel, y reproche le «prosélytisme» de l’Eglise catholique.
A l’initiative du Conseil pontifical de la culture, du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens et du Patriarcat de Moscou, les premières Journées de culture et de spiritualité russe ont lieu au Vatican les 19 et 20 mai. Un symposium a lieu à Rome dans l’après-midi du 19 mai sur le thème: «Orthodoxes et catholiques en Europe aujourd’hui – les racines chrétiennes et le patrimoine culturel commun entre Orient et Occident».
Le 20 mai, en fin d’après-midi, un concert offert par le patriarche de Moscou à Benoît XVI à l’occasion du 5e anniversaire de son pontificat constituera le point d’orgue de ces 2 journées. Dans la Salle Paul VI, Mgr Hilarion Alfeyev prononcera un message du patriarche Cyrille à l’intention du pape.
Par la suite, l’Orchestre national russe, le chœur synodal de Moscou et la Chapelle des cors de Russie interpréteront diverses œuvres profanes et sacrées des plus grands compositeurs russes comme Modeste Moussorgski (1839-1881), Piotr Tchaïkovski (1840-1893), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908) ou encore Sergueï Rachmaninov (1873-1943). Une œuvre de Mgr Hilarion, lui aussi compositeur, sera interprétée en fin de concert, juste avant que le pape ne prenne la parole. (apic/imedia/ami/pr)
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