Neuchâtel: Près de 500 catholiques sont attendus le 29 mai au Forum diocésain 2010
Neuchâtel, 20 mai 2010 (Apic) Près de 500 catholiques venant des cantons de Neuchâtel, Vaud, Genève et Fribourg sont attendus à Neuchâtel le samedi 29 mai pour le Forum diocésain 2010. Cette édition est consacrée à la réflexion sur les pauvretés de notre époque, qui sont loin d’être uniquement matérielles. A l’invitation de l’évêque Mgr Bernard Genoud et du Conseil pastoral diocésain, agents pastoraux, prêtre ou laïcs, et personnes engagées dans les paroisses, plancheront en matinée dans 15 ateliers sur le thème de la « diaconie » (*), un terme grec qui a le sens de « service » et d’accueil du prochain.
« C’est le rendez-vous autour de l’évêque, des catholiques actifs dans l’Eglise, au niveau des paroisses, des groupements, des mouvements… tout le monde est invité », a souligné jeudi 20 mai Cédric Pillonel, attaché de presse de l’Eglise catholique dans le canton de Neuchâtel. Sous le terme de diaconie, « un expression très ecclésiale pas facile à comprendre dans le grand public », souligne-t-il, se cache une réflexion de fond de l’Eglise catholique du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg sur ses missions en lien avec les pauvretés de notre époque: fragilisation des liens familiaux et sociaux, augmentation de l’individualisme, exclusion des personnes différentes…
Les 15 ateliers – dont 2 sont en allemand (le diocèse compte une région alémanique dans le canton de Fribourg) – seront animés par des personnes engagées sur le terrain avec les immigrés, les réfugiés, dans le monde du travail, le monde de la santé, la pastorale familiale, la pastorale carcérale, le monde des médias, la solidarité avec le tiers-monde, etc.
Dans son atelier, Pascal Bregnard, en charge de la pastorale de la famille dans le canton de Vaud, abordera la question de la fragilité du lien familial, en parlant d’une « diaconie de la relation ». Pour lui, il ne suffit plus de se concentrer sur la préparation au mariage, il faut aussi faire de la « prévention de crise », car dans de nombreuses situations, le lien familial peut être fragilisé. « Notre conception de la famille évolue rapidement depuis quelques dizaines d’années: vie en couple sans mariage, divorces, familles monoparentales, remariages sont de plus en plus fréquents ». Dans les paroisses, ces situations se rencontrent de plus en plus souvent et il faut chercher des réponses.
Etre compatissant avec ceux qui souffrent et aider à soulager leurs souffrances font partie intégrante de la foi chrétienne, relève pour sa part Mathias Nebel, coordinateur du Forum diocésain. Citant l’évangéliste Matthieu – « Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger, j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais un étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25), le théologien rappelle que la diaconie, le service aux pauvres, pour un chrétien « n’est pas à option, cela fait partie de notre foi ».
Mathias Nebel a alors rappelé que les services sociaux des collectivités publiques, dès la fin du 19ème siècle ou au siècle passé, se sont inspirés de ce que faisaient déjà les Eglises depuis les tout débuts du christianisme. Le Forum diocésain 2010 veut actualiser cette diaconie, attentif aux nouvelles formes de pauvreté, « car les pauvretés d’aujourd’hui sont différentes de celles que l’on connaissait il y a 40 ou 50 ans! »
« Il y a certes chez nous, qui vivons dans un pays riche, des gens qui manquent de ressources financières, des gens qui vivent avec un salaire minimum (**) voire en dessous, mais il existe aussi d’autres forme de pauvreté: solitude, indifférence aux autres, pauvreté qui résulte de l’excès de mobilité, avec la difficulté de s’enraciner, de créer des liens, pauvretés culturelles… »
Le théologien relève aussi des formes de pauvreté plus subtiles, comme l’indigence de la communauté ecclésiale face à une société toujours plus agnostique. « C’est un fait nouveau dans l’histoire de l’humanité, les Eglises sont devenues minoritaires dans nos sociétés contemporaines marquées par l’agnosticisme, qui n’est pas l’athéisme prôné par Sartre! Comment alors annoncer l’Evangile dans un monde devenu indifférent ? Vivre sans Dieu, c’est une pauvreté du point de vue de l’Eglise, car seul l’amour de Dieu nous permet un épanouissement total ». Comment, finalement, la communauté des croyants peut faire face à ces nouvelles pauvretés, se demande Mathias Nebel. C’est à ces questions que devront répondre les participants, qui devront faire remonter des propositions, « car nous voulons que cela débouche sur du concret! ». JB
(*) La diaconie est la mise en œuvre de l’Evangile de Jésus-Christ au service de la personne, notamment des plus pauvres, mais elle est beaucoup plus vaste que l’action caritative. Elle touche et fonde toute vie chrétienne. L’emploi de ce terme donne l’occasion de revisiter les fondements théologiques de l’action solidaire et d’en montrer la dimension spirituelle. La notion de diaconie et son origine historique ont été rappelées par Benoît XVI dans l’encyclique « Deus caritas est ». JB
(**) L’atelier N° 1, animé par Patrick Bussmann, responsable du secteur Ateliers d’Insertion et Magasins, de Caritas Vaud, traitera des nouvelles formes d’indigence matérielle. Plus d’une personne sur dix en Suisse, soit 900’000 habitants, connaissent la pauvreté, selon des études récentes. JB
La journée du 29 mai débute à 9h40 à la Basilique Notre-Dame de l’Assomption – l’ »église rouge » de Neuchâtel – par une intervention de Mgr Bernard Genoud, qui ouvrira officiellement le Forum. Elle se poursuivra à 10 heures par trois témoignages différents de personnes vivant quotidiennement l’expérience de la diaconie. Les participants se répartiront ensuite, dès 10h50, dans quinze ateliers de réflexion qui chercheront à identifier les nouvelles formes de pauvretés existant dans le diocèse pour imaginer ensuite le type de diaconie qui correspondrait à ces pauvretés. Après le repas, tout le monde se retrouvera pour une exposition interactive, divisée en trois parcours de quatre postes chacun, qui proposera aux participants de partager l’expérience de la diaconie faite par divers membres ou institutions de l’Eglise diocésaine. La journée s’achèvera à 16h15 par une messe festive à la basilique suivie d’un moment convivial. (apic/be)
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