323 habitants tués en mars dernier y sont enterrés
Lagos, 26 mai 2010 (Apic) Une délégation du mouvement œcuménique Lettres vivantes a été envoyée par le COE au centre du Nigeria du 15 au 20 mai pour visiter cette région récemment ravagée par une terrible vague de violence communautaire et ethnique. Début mars, 501 personnes – essentiellement des femmes et des enfants de Dogonahawa et Bukuru – ont été tués dans leur sommeil.
La délégation s’est notamment recueillie sur le charnier de Dogonahawa, près de Jos, dans l’Etat du Plateau. 323 habitants des alentours tués en mars dernier y sont enterrés. Des prières y ont été dites par l’archevêque Michael Kehinde Stephen, chef du Conseil chrétien du Nigeria, qui a accueilli la visite de l’équipe de Lettres vivantes. La délégation était composée de représentants d’Eglises et de membres du personnel du COE originaires d’Allemagne, Ethiopie, Finlande, Ghana, Inde, Kenya, Norvège et Suisse.
L’évêque anglican du diocèse de Bukuru, Jwan B.N. Zhumbes, qui a accompagné l’équipe dans les villages, a déclaré que plusieurs fidèles de son Eglise ont péri dans les violences mais que de nombreux autres ont réussi à s’échapper et à s’installer ailleurs après la crise. Certains habitants de la région ont affirmé que la vie n’est plus la même pour eux depuis ces événements tragiques.
La délégation a également rencontré l’archevêque catholique romain Ignatius Kaigama, président de la section de l’Etat du Plateau de l’Association chrétienne du Nigeria. Ce dernier a précisé que l’impression selon laquelle les chrétiens et les musulmans de l’Etat se battent les uns contre les autres est erronée. « Ce ne sont pas les religions qui se battent, mais certaines personnes qui en font partie. Il n’y a pas de guerre entre les deux religions », a-t-il affirmé.
La délégation de Lettres vivantes a été reçue au siège de l’Eglise du Christ au Nigeria (COCIN). Dans un discours prononcé devant les délégués au 74e Conseil général de la COCIN, l’évêque ghanéen Robert Aboagye-Mensah a déclaré que les chrétiens doivent œuvrer à la paix et à la réconciliation même lorsqu’ils ont été offensés. L’évêque Aboagye-Mensah, qui est le vice-président de la Conférence des Eglises de toute l’Afrique (CETA) et membre du Comité central du COE, s’est demandé pour sa part si les chrétiens de l’Etat avaient écouté ce que Dieu disait face aux destructions dans lesquelles ils se sont retrouvés. Le pasteur Pandang Yamsat, président de la COCIN, a affirmé l’engagement des fidèles de son Eglise à travailler pour la paix dans les régions troublées, une tâche qu’il considère comme un témoignage prophétique de l’Eglise. (apic/com/bb)
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