Elles condamnent la réduction de l’aide aux familles: mise en garde contre les conséquences
Bucarest, 31 mai 2010 (Apic) Des Eglises de Roumanie ont critiqué les mesures de réduction budgétaire prévues par le gouvernement dans le domaine de l’aide aux familles. Ce genre de mesures, disent-elles, risquent d’alimenter le déclin démographique du pays et d’encourager des pratiques telles que l’avortement.
«Bien que le train de mesures n’ait pas encore été adopté officiellement, le gouvernement s’active déjà dans cette direction; on craint des grèves et des troubles dans tout le pays», a déclaré Otniel Bunaciu, président de l’Union baptiste de Roumanie.
«La crise économique touche le monde entier, mais elle est exacerbée ici par la corruption qui gangrène depuis longtemps les administrations centrale et locales», a déclaré à ENInews Otniel Bunaciu. «Les Eglises comme la nôtre sont très bien implantées au niveau local et peuvent apporter leur soutien à leurs membres. Mais nous ne pouvons pas résoudre les problèmes nous-mêmes.»
Le responsable baptiste réagisse au projet du gouvernement du Premier ministre Emil Boc de réduire les allocations pour les enfants dès le 1er juin dans le cadre d’une politique de rigueur. Celle-ci entraînera par ailleurs une réduction de 25% des salaires dans le secteur public et de 1% des retraites d’Etat.
Otniel Bunaciu a affirmé le 27 mai que ces mesures – qui prévoient une réduction des congés maternités et d’autres baisses d’allocations – aggraveront la situation des familles dans tout le pays en augmentant les «fardeaux budgétaires» qui pèsent sur les parents, et feront appel au soutien des communautés religieuses.
Otniel Bunaciu a affirmé que la Roumanie reste confrontée à de graves difficultés en matière d’orphelins et d’abandons d’enfants, dont le nombre a grimpé en flèche pendant la période communiste, tout comme le recours à l’interruption volontaire de grossesse. «La Roumanie se considère comme un pays chrétien et le gouvernement écoute avec attention les Eglises, qui sont plus influentes ici en tant que force politique que dans l’Europe occidentale sécularisée», a déclaré Otniel Bunaciu, qui est à la tête de l’une des plus grandes organisations baptistes d’Europe, totalisant près de 130’000 membres dans 1’500 paroisses, selon les données du recensement national de 2002 en Roumanie.
L’Eglise catholique en Roumanie a pour sa part dénoncé les réductions comme «une attaque mettant en péril l’avenir du pays», soulignant que le président Traian Basescu faisait preuve d’un «manque de considération» envers les enfants et les familles lors d’un récent discours adressé aux partis au pouvoir en Roumanie.
«Cette mesure cause du tort aux jeunes familles attendant un enfant et décourage celles qui souhaiteraient en avoir», a affirmé l’archidiocèse catholique de Bucarest dans un communiqué signé par son porte-parole, Ieronim Iacob.
Des organisations de défense de la famille ont mis sur pied des manifestations pour protester contre le programme gouvernemental fin mai au Ministère du Travail à Bucarest ainsi que dans les villes de Brasov, Cluj et Sibiu, tandis que des syndicalistes ont dressé des piquets de grève devant certains bâtiments gouvernementaux comme le palais présidentiel. Ils ont brandi la menace d’une mobilisation de grève générale.
L’archidiocèse catholique de Bucarest a mis en garde contre une recrudescence des avortements en Roumanie. L’archidiocèse a souligné que des politiques d’incitation, afin de donner un nouvel élan au taux de fécondité sur le plan national, sont nécessaires pour éviter «les graves conséquences économiques et sociales du vieillissement de la population et de la pénurie de main-d’œuvre». (apic/eni/pr)
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