La critique de la mission est légitime, mais l’espérance doit primer
Edimbourg, 4 juin 2010 (Apic) Témoigner du christianisme nécessite non seulement l’évangélisation, mais aussi un engagement prophétique envers la volonté – exprimée par Jésus – de justice, de paix et de sauvegarde de la création. C’est ce qu’a déclaré le pasteur Olav Fykse Tveit, secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises (COE).
Le pasteur Tveit a tenu ces propos le 3 juin, au deuxième jour d’une conférence à Edimbourg qui commémore la Conférence mondiale des missions organisée dans la capitale écossaise en 1910, rapporte l’agence oecuménique ENI. « Les Eglises peuvent être des témoins de l’espérance en période d’injustice, de crises financières, de violences et de tensions entre les fidèles de religions, et de menaces environnementales », a déclaré le théologien norvégien. Les origines du COE remontent à la Conférence de 1910 à Edimbourg.
« L’unité et la mission étaient les deux principales branches qui ont conduit à la formation du Conseil œcuménique des Eglises. Cette sagesse a amené le Conseil international des missions – ›l’enfant d’Edimbourg’ – et le COE à fusionner en 1961 », a rappelé le pasteur Tveit, qui est entré en fonctions à la tête du COE, à Genève, en janvier.
« La mission chrétienne est appelée à offrir la réconciliation à l’humanité – avec Dieu, avec nos semblables et avec la création – une vie qui a la qualité d’une vie éternelle », a indiqué le secrétaire général du COE, cité par ENI. Il a souligné que « bien d’autres composantes du christianisme mondial s’inspirent aujourd’hui » de la Conférence de 1910, outre celles qui avaient effectivement participé à l’événement.
Dans un discours prononcé pendant la Conférence, le pasteur Geoff Tunnicliffe, directeur international de l’Alliance évangélique mondiale, a déclaré espérer que la Conférence d’Edimbourg de 2010 permettrait aux participants de « renouveler leur engagement à témoigner du Christ avec l’amour du Père et dans le pouvoir de l’Esprit Saint aux quatre coins du monde. » Indiquant que s’il n’est pas réaliste de s’attendre à ce que les différends historiques soient résolus en l’espace de quelques jours, il espère que « pendant la Conférence, les participants seront capables de s’écouter mutuellement avec amour et respect, de jeter des ponts au lieu de creuser des fossés, de prier ensemble, d’apprendre ensemble et de tisser de nouveaux liens d’amitié. »
L’Eglise catholique romaine participe à la Conférence du centenaire, mais elle n’était pas représentée en 1910. Dans un message adressé à la Conférence de 2010, le pape Benoît XVI a déclaré: « J’envoie mes salutations aux personnes réunies ces jours en Ecosse pour le centenaire de la première Conférence mondiale des missions, qui est aujourd’hui reconnue comme l’événement ayant donné naissance au mouvement œcuménique moderne. Renouvelons tous notre engagement à œuvrer humblement et patiemment, sous la direction du Saint Esprit, et à continuer de vivre ensemble notre patrimoine apostolique commun. »
Dans son discours, cependant, le pasteur Tveit a indiqué que « de nombreux chrétiens ne se sentent pas représentés ici et nous reconnaissons humblement les limites de cette Conférence ». « En dépit d’évolutions très positives, le siècle passé a malheureusement connu une certaine hostilité au sein de la mission, et nous ne le savons que trop bien », a déclaré le secrétaire général du COE, affirmant qu’il y avait eu « beaucoup de leçons difficiles à tirer ».
« Nos difficultés avec la mission comprennent des critiques justifiées à l’égard de divers acteurs, une grande variété de réflexions, ainsi que des commentaires critiques sur le travail du COE », a déclaré le pasteur Tveit. « Nous avons tous appris des choses sur les liens entre mission et colonialisme, sur les honteuses luttes de pouvoir et sur la nécessité de renouveler la réponse à l’Evangile dans ce que l’on appelait auparavant les cultures chrétiennes », a-t-il affirmé. « Personne n’a besoin de mouvements et d’Eglises triomphalistes », a ajouté le théologien Norvégien. Poursuivant son discours, le pasteur Tveit a déclaré: « Nous ne pouvons pas ignorer que la mission est un thème problématique pour nos relations avec les fidèles des autres religions. »
Ces dernières semaines, la Conférence a connu des problèmes d’organisation et des différends ont éclaté concernant les personnes responsables de son programme. Deux jours avant le début de la Conférence, le directeur international de l’événement, le pasteur méthodiste sud-africain Daryl Balia, avait annoncé avoir été suspendu de ses fonctions. Dans les jours précédant la Conférence, le pasteur Balia avait rendu publics deux documents très critiques envers l’événement. Il avait par ailleurs affirmé que les organisateurs avaient rejeté ses idées sur un rassemblement plus ouvert, qui aurait notamment intégré une composante interreligieuse.
Le COE compte 349 Eglise membres, essentiellement anglicanes, orthodoxes et protestantes. L’Eglise catholique romaine ne fait pas partie du COE mais elle y est représentée dans certaines de ses commissions. (apic/eni/bb)
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