Sans « pression partisane » ni idéologie politique
Chypre, 5 juin 2010 (Apic) Comme depuis le début de son voyage à Chypre, Benoît XVI a prononcé un discours très prudent et appelant à la pondération devant les autorités civiles et le corps diplomatique qu’il rencontrait au Palais présidentiel de Nicosie, dans la matinée du 5 juin 2010, loin du ton adopté par ses interlocuteurs. En présence du président Demetris Christofias, le pape s’est appuyé sur les philosophes grecs pour suggérer aux gouvernants et diplomates 3 axes pour gouverner sans «pression partisane» et dans «la vérité morale» : «déconstruire les idéologies politiques», «agir de façon (…) dépassionnée» et «fonder des lois positives sur les principes éthiques de la loi naturelle».
S’inspirant des «anciens philosophes grecs», Benoît XVI a ainsi d’abord expliqué que «le bien commun est précisément servi par l’influence de personnes dotées d’une profonde perspicacité morale et de courage», permettant ainsi que les politiques menées soient purifiées des intérêts égoïstes et des pressions partisanes».
S’exprimant dans les jardins du palais, sous une grande tente blanche, le pape a alors appelé les représentants du «monde de la politique et de la diplomatie aux plans national et international» à «respecter et promouvoir la vérité morale», de 3 façons différentes. D’abord, «déconstruire les idéologies politiques qui voudraient supplanter la vérité». Et de mettre en garde contre «les tentatives» actuelles de promotion «de supposées valeurs sous le couvert de la paix, du développement et des droits humains».
Puis, Benoît XVI a particulièrement appelé le corps diplomatique à «agir de façon responsable» et à «considérer de façon dépassionnée les intérêts de tous ceux qui sont impliqués dans un conflit donné».
Devant plusieurs centaines de personnes, le pape a enfin appelé les hommes politiques à «fonder des lois positives sur les principes éthiques de la loi naturelle». En effet, à ses yeux, si «les personnes, les communautés et les Etats» ne disposent pas du «repère des vérités morales objectives», ils deviendront «égoïstes et sans scrupule» et feront du monde «un lieu plus dangereux à vivre».
Devant un parterre d’autorités, le président Christofias a pour sa part présenté Chypre comme un «modèle» de civilisation, mais n’a pas oublié de mentionner la «douloureuse occupation militaire» turque au nord de l’île, notant que Nicosie était «la dernière capitale européenne divisée». Devant Benoît XVI, le président chypriote a aussi invité Ankara à «changer de politique». Il a affirmé qu’il soutenait l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne si celle-ci respectait «ses engagements envers l’Union et ses Etats membres», jugeant par ailleurs que les «dramatiques développements de ces derniers jours qui concernent Gaza devraient (…) préoccuper».
Auparavant, le pape avait été accueilli à l’extérieur du Palais présidentiel de Nicosie par Demetris Christofias et son épouse, non loin de la statue représentant l’archevêque Makarios (1913-1977), premier président de la République de Chypre, pour y déposer une couronne de fleurs.
Après avoir pénétré dans l’édifice de style néo-byzantin, le pape s’était rendu dans le bureau du chef d’Etat. Les deux hommes s’étaient entretenu en privé un quart d’heure après avoir échangé quelques cadeaux. (apic/imedia/ami/js)
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