Le pape devant 4’000 chrétiens
Nicosie, 5 juin 2010 (Apic) Benoît XVI a encouragé les catholiques chypriotes à rechercher «une plus grande unité» avec les autres chrétiens ainsi qu’à «une action juste et prudente» en matière de dialogue interreligieux, à Nicosie, dans la matinée du 5 juin 2010. Dans les bâtiments de l’école maronite de la capitale chypriote, le pape a rencontré quelque 4’000 membres de la petite communauté catholique de l’île, dont de nombreux jeunes. Devant eux, le pape a aussi fait une très brève allusion au scandale de la pédophilie au sein du clergé en affirmant que l’Eglise avait «besoin de prêtres bons, saints et bien formés».
Au vu des «circonstances uniques» dans lesquelles vivent les quelques milliers de catholiques de Chypre, Benoît XVI a souhaité attirer leur attention sur «une part essentielle de la vie et de la mission de (leur) Eglise, à savoir la recherche d’une plus grande unité dans la charité avec les autres chrétiens et du dialogue avec ceux qui ne sont pas chrétiens».
En premier lieu, le pape, entouré de plusieurs patriarches orientaux, a affirmé à ces catholiques vivant en terre orthodoxe qu’ils devaient être «capables d’apporter (leur) contribution personnelle à la réalisation d’une plus grande unité chrétienne dans (leur) vie quotidienne».
Abordant ensuite la question du dialogue interreligieux, Benoît XVI a jugé que «beaucoup reste encore à faire dans le monde» avant d’affirmer que les catholiques chypriotes ont «des opportunités pour une action juste et prudente» en la matière. «Ce n’est que par un patient travail que la confiance mutuelle peut être bâtie, le fardeau de l’histoire dépassé, et les différences politiques et culturelles entre les peuples devenir une raison pour travailler à une compréhension plus profonde».
Le pape, alors, a encouragé les catholiques «à favoriser la création d’une telle confiance mutuelle entre chrétiens et non-chrétiens, comme une base pour fonder une paix durable et une entente harmonieuse entre les personnes appartenant à des religions, à des aires politiques et à des origines culturelles différentes».4’
Quelques heures plus tard, Benoît XVI devait rencontrer brièvement, à la nonciature apostolique de Nicosie, le mufti du nord de l’île. Cette rencontre, qui n’était pas initialement inscrite à l’agenda du pape, devrait avoir lieu en milieu d’après-midi, ont indiqué à I.MEDIA des sources vaticanes.
Dans une allusion évidente aux récents scandales de pédophilie au sein du clergé, le pape a en outre indiqué que l’Eglise venait d’acquérir «une conscience renouvelée du besoin de prêtres bons, saints et bien formés».
Le pape a passé plus d’une heure dans l’école élémentaire maronite de Nicosie, lors d’une rencontre particulièrement festive, émaillée de chants, de musiques traditionnelles, et d’un spectacle coloré proposé par les enfants de cette petite communauté catholique. Des maronites du nord de l’île avaient aussi fait le déplacement. Les chypriotes grecs ont salué Benoît XVI au cri de «Zito o papas», (Vive le pape).
Rapporteur général du prochain Synode pour le Moyen-Orient, le patriarche d’Alexandrie des Coptes (Egypte), Antonios Naguib, a confié à I.MEDIA que cette visite du pape répondait «à beaucoup d’attentes» des fidèles. Pour sa part, le cardinal Nasrallah Pierre Sfeir, patriarche d’Antioche des Maronites (Liban), a expliqué que la situation était «fragile» dans la région au vu «des mouvements plus durs» du moment et que l’objectif du synode d’octobre prochain serait «le maintien des chrétiens au Moyen-Orient».
Un des responsables de la communauté maronite de Chypre, le père Joseph, a confié pour sa part à I.MEDIA que ses fidèles attendaient du pape «qu’il fasse renaître (leur) Eglise, que le Vatican fasse un geste pour (leur) permettre de revenir dans (leurs) villages», dans le nord occupé par la Turquie. (apic/(imedia/cp/js)
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