Droit de l’homme: la situation se dégrade dans le pays de jour en jour
Kinshasa/Genève, 9 juin 2010 (Apic) Amnesty International s’est jointe aux appels en faveur d’une enquête indépendante sur la mort du directeur d’une des plus importantes organisations de défense des droits de la personne en République démocratique du Congo (RDC), qui était lié au Conseil œcuménique des Eglises (COE).
Floribert Chebeya Bahizire, directeur exécutif de La Voix des sans-voix, a été retrouvé mort dans sa voiture au matin du 2 juin dans les faubourgs de Kinshasa, un jour après avoir été convoqué à une réunion avec la police dans la capitale congolaise.
«Amnesty International a appelé le gouvernement congolais à mettre en place une commission d’enquête indépendante avec l’aide des Nations Unies, afin de mener une enquête crédible sur la mort d’un éminent militant des droits de la personne», a indiqué l’organisation de défense des droits dans un communiqué du 8 juin.
L’appel d’Amnesty International intervient après celui qui a été lancé par le secrétaire général du COE, le pasteur Olav Fykse Tveit. Ce dernier a mis en garde contre «l’oppression croissante» à l’encontre des défenseurs des droits de la personne en RDC au cours de l’année passée. «Nous exhortons le gouvernement congolais à agir en tant que garants de l’Etat de droit», écrit le pasteur Tveit dans une lettre datée du 4 juin adressée au président de la RDC Joseph Kabila, concernant le décès de Floribert Chebeya, Celui-ci faisait partie du réseau du COE de défenseurs des droits de la personne en Afrique.
«Le gouvernement a pour responsabilité de respecter, protéger et satisfaire les droits de la personne de ses citoyens et doit démontrer ce respect en menant une enquête complète, ouverte et transparente sur la mort de M. Floribert Chebeya Bahizire et sur ce qu’il est advenu de son chauffeur, Fidèle Bazana Edadi», écrit le pasteur Tveit.
Le corps du chauffeur de Floribert Chebeya a été retrouvé sans vie le 3 juin dans la localité de Mpasa, a indiqué le COE, citant des médias.
Amnesty International a affirmé avoir demandé à Joseph Kabila de mettre en place une commission d’enquête indépendante composée d’investigateurs des Nations Unies et de représentants de la société civile congolaise, afin de faire la lumière sur ce décès.
Amnesty International a indiqué que, selon des sources médiatiques, l’inspecteur général de la police nationale de RDC, le général John Numbi, a été suspendu le 6 juin jusqu’à nouvel ordre.
Trois agents de police ont également été arrêtés dans le cadre de cette affaire. L’un des policiers arrêtés, le colonel Daniel Mukalay, chef des Renseignements généraux de la police, aurait reconnu avoir supprimé Floribert Chebeya sur ordre de son supérieur, le général Numbi, a indiqué Amnesty International.
L’organisation a fait savoir que Floribert Chebeya lui avait à plusieurs occasions fait part de son impression d’être suivi et d’avoir été mis sous surveillance par les services de sécurité. L’organisation de Floribert Chebeya avait participé en avril à un atelier sur les droits de la personne à Kinshasa, organisé par le COE, la Fédération luthérienne mondiale et l’organisation d’entraide allemande Pain pour le monde. (apic/eni/pr)
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