La crise économique et la défense de la vie au cœur de l’entretien
Rome, 10 juin 2010 (Apic) La crise économique et la défense de la vie a été au cœur de la visite du président du gouvernement espagnol au Vatican, jeudi à Rome.
La crise économique et la «sacralité de la vie» ont fait partie des thèmes abordés lors de la première visite au Vatican, le 10 juin 2010, du président du gouvernement espagnol, le socialiste José Luis Zapatero. Après s’être entretenu une demi-heure en privé avec Benoît XVI, à l’aide d’interprètes, le leader espagnol, accompagné de son ministre des Affaires étrangères, a aussi rencontré pendant 50 minutes le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d’Etat du Saint-Siège et le secrétaire pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti. Cette visite s’inscrit dans le cadre de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne que l’Espagne assume depuis le 1er janvier 2010 et qui prendra fin le 30 juin.
Au cours des échanges, les parties ont procédé à un «échange d’opinions sur l’Europe, sur la crise économique et financière actuelle, et sur le rôle de l’éthique», a ensuite rapporté un communiqué publié par le Bureau de presse du Saint-Siège. L’Espagne a dépassé le taux de chômage de 20 % de la population active. Il a aussi été question des «pays d’Amérique centrale et des Caraïbes, et d’autres situations, en particulier au Moyen-Orient».
Ces discussions ont encore été officiellement l’occasion «de s’arrêter sur les rapports bilatéraux», mais aussi sur les «questions d’actualité qui intéressent l’Eglise en Espagne, comme la présentation éventuelle d’une nouvelle loi sur la liberté religieuse, la sacralité de la vie depuis son commencement et l’importance de l’éducation».
L’Espagne a facilité en février dernier l’avortement et autorise, depuis 2005, le mariage homosexuel, comme 5 autres pays européens, dont le Portugal, depuis le 17 mai 2010. Une loi sur la liberté religieuse, incluant l’utilisation des symboles religieux dans les espaces publics, contestée par l’Eglise, sera également débattue prochainement au Parlement espagnol. A plusieurs reprises, le cardinal Antonio Maria Rouco Varela, archevêque de Madrid, avait critiqué la politique du gouvernement Zapatero facilitant le divorce et légalisant le mariage homosexuel.
Le torchon a brûlé à plusieurs reprises entre la hiérarchie de l’Eglise catholique, et le gouvernement socialiste espagnol. L’Eglise n’ayant jamais caché ses sympathies pour le Parti populaire voire les partis d’extrême droite en Espagne.
Dans son communiqué, le Saint-Siège a noté cependant la «large disponibilité du gouvernement espagnol» pour collaborer à la «préparation» et au «déroulement» du voyage du pape à Saint-Jacques de Compostelle et Barcelone, les 6 et 7 novembre 2010, et de son déplacement à Madrid pour les Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) d’août 2011.
Dans la bibliothèque du pape, au 2e étage du Palais apostolique, Benoît XVI et José Luis Zapatero se sont entretenus pendant une demi-heure, assistés par des interprètes. Après avoir dit une phrase en espagnol, le pape, souriant, a été félicité par José Luis Zapatero pour «sa très bonne prononciation». Le leader espagnol était accompagné de 9 personnes dont le ministre des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, le secrétaire général du gouvernement, Bernardino León, et l’ambassadeur d’Espagne près le Saint-Siège, Francisco Vazquez.
Lors du traditionnel échange de cadeaux, le président du gouvernement espagnol a remis à Benoît XVI un grand livre sur l’histoire du monastère royal de «San Lorenzo del Escorial», un monastère situé à quelque 45 km au nord de Madrid (Espagne). Le pape, qui a jugé cet ouvrage «très beau», a offert pour sa part à José Luis Zapatero un bas-relief en bronze représentant le Vatican au 17e siècle.
Benoît XVI avait déjà rencontré le premier ministre espagnol en juillet 2006, lors de la 5e Rencontre mondiale de la famille à Valence (Espagne). Pour autant, c’est la première fois que José Luis Zapatero venait au Vatican depuis son arrivée à la tête du gouvernement de la péninsule ibérique en avril 2004. Cet homme politique espagnol, membre du parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), est à la tête du gouvernement depuis 2004. Reconduit en 2008, il effectue son 2e mandat. (apic/imedia/lb/pr)
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