Rome: Le pape demande « pardon » pour les scandales de pédophilie
Rome, 11 juin 2010 (Apic) Le pape Benoît XVI a demandé « pardon » pour les scandales de pédophilie au sein de l’Eglise catholique en citant nommément « l’abus à l’égard des petits », vendredi lors d’une messe place Saint-Pierre devant quelque 15.000 prêtres. Il a aussi « promis » que l’Eglise allait « faire tout ce qui est possible » pour que les « abus » sexuels sur des mineurs de la part d’hommes d’Eglise « ne puissent jamais plus survenir ».
Benoît XVI, au dernier jour de l’Année sacerdotale, a ainsi demandé «pardon» avec «insistance» au nom de l’Eglise catholique pour les actes pédophiles de certains prêtres. «Proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, les péchés des prêtres sont venus à la lumière, en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire», a affirmé le pape au cours de la messe célébrée Place Saint-Pierre devant quelque 15’000 prêtres du monde entier.
«Nous aussi nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir», a encore affirmé Benoît XVI.
« Il est arrivé que, proprement au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres – en particulier l’abus à l’égard des petits, où le sacerdoce chargé de témoigner de la prévenance de Dieu à l’égard de l’homme se trouve retourné en son contraire », a encore déclaré le pape au cours de cette messe célébrée à Rome.
C’est la première fois, depuis qu’ont éclaté les scandales de pédophilie au sein du clergé à l’automne 2009, que Benoît XVI demande pardon aux victimes, en public. Le 20 mars 2010, dans une lettre au ton assez personnel adressée aux catholiques irlandais, le pape s’était dit «profondément bouleversé», mais aussi «scandalisé et blessé» par les actes de certains prêtres et religieux. S’adressant pour la première fois aux victimes, il avait alors fait part de la «honte» et du «remords» de l’Eglise, sans pour autant prononcer des excuses.
Au cours d’une longue homélie, devant une marée blanche de prêtres, Benoît XVI a aussi voulu «promettre que, dans l’admission au ministère sacerdotal et dans la formation délivrée au cours du parcours qui y prépare», l’Eglise ferait «tout ce qui est possible pour examiner attentivement l’authenticité de la vocation». Il a aussi indiqué qu’elle voulait «mieux encore accompagner les prêtres sur leur chemin, afin que le Seigneur les protège et les garde dans les situations difficiles et face aux dangers de la vie».
Dans une évocation du sens du «bâton du pasteur» – l’autorité du pape et de l’évêque – Benoît XVI a expliqué que son usage protégeait «la foi contre les falsificateurs, contre les orientations qui sont, en réalité, des désorientations».
«L’usage même du bâton peut être un service d’amour», a poursuivi le pape devant plusieurs centaines d’évêques et des dizaines de cardinaux, indiquant cependant «qu’il ne s’agit pas d’amour quand on tolère des comportements indignes de la vie sacerdotale». «De même, a renchéri Benoît XVI, il ne s’agit pas non plus d’amour quand on laisse proliférer l’hérésie, la déformation et la décomposition de la foi, comme si nous inventions la foi de façon autonome».
Dans son homélie, le pape a en outre évoqué les «vallées obscures de la tentation, du découragement, de l’épreuve, que tout être humain doit traverser» au cours de son existence. «Dans ces vallées ténébreuses de la vie», «dans les obscurités de la tentation», «dans les heures sombres où toutes les lumières semblent s’éteindre», Dieu est présent, a rassuré le pape, avant de souhaiter que les prêtres puissent «être auprès des personnes qui (leur) sont confiées et qui sont dans ces nuits obscures».
Protégé du soleil par un dais entièrement tapissé de rouge, Benoît XVI a aussi souhaité démontrer à quel point Dieu «enseigne» à l’être humain «l’art d’être une personne». Et d’inviter chaque homme, à «chaque âge de la vie», à s’interroger sur ce qu’il doit «faire pour ne pas précipiter, pour ne pas gaspiller (sa) vie dans l’absence de sens», avant de déplorer l’»obscurité» qui «existe autour de cette question à notre époque».
Devant plus d’une quinzaine de milliers de prêtres venus des 5 continents, mais aussi des religieux et religieuses et de simples laïques, le pape a aussi voulu rassurer chaque chrétien en soutenant, de manière plus intimiste : «Dieu prend personnellement soin de moi, de nous, de l’humanité. Je ne suis pas laissé seul, perdu dans l’univers et dans une société devant laquelle on demeure toujours plus désorientés». «Il n’est pas un Dieu lointain, pour lequel ma vie compterait très peu», a encore précisé le pape.
Cette messe solennelle a marqué la clôture de l’Année sacerdotale souhaitée par Benoît XXVI et ouverte le 19 juin 2009. Une année riche d’initiatives à travers le monde pour présenter la beauté du ministère sacerdotal. Une année marquée aussi par les révélations d’affaires de pédophilie au sein du clergé. (apic/imedia/ag/ami/cp/pr)
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