Réunion annuelle de la Banque de développement du Conseil de l’Europe
Rome, 13 juin 2010 (Apic) Benoît XVI a soutenu que le «capital» humain était le seul qu’il convenait de «sauver».
Lors de l’audience accordée samedi aux quelque 160 participants à une réunion annuelle de la Banque de développement du Conseil de l’Europe – dont le Saint-Siège est membre -, le pape a également affirmé que le christianisme avait permis à l’Europe de comprendre le sens de la «liberté», de la «responsabilité» et de l’»éthique», 3 valeurs qui «imprègnent» la société et les lois européennes.
«L’économie et la finance n’existent pas pour elles-mêmes, elles ne sont qu’un outil, un moyen», a ainsi assuré Benoît XVI dans la Salle Clémentine du Palais apostolique avant de préciser que «leur fin» était «uniquement la personne humaine et sa réalisation plénière dans la dignité». Et d’insister : «C’est là le seul capital qu’il convient de sauver».
Devant des membres de la plus ancienne des institutions financières internationales européennes, le pape a en outre soutenu que le christianisme avait «permis à l’Europe de comprendre ce qu’(était) la liberté, la responsabilité et l’éthique qui imprègnent ses lois et ses structures sociétaires».
Aux yeux de Benoît XVI, «marginaliser le christianisme – également par l’exclusion des symboles qui le manifestent – contribuerait à amputer notre continent (l’Europe, ndlr) de la source fondamentale qui le nourrit inlassablement et qui contribue à sa vraie identité». Ces propos interviennent alors que l’Italie est confrontée au problème de la présence des crucifix dans les écoles. Son recours auprès de la Cour européenne des Droits de l’homme, à Strasbourg, doit être examiné le 30 juin prochain.
«Le christianisme est à la source des ›valeurs spirituelles et morales qui sont le patrimoine commun des peuples européens’», a ensuite rappelé le souverain pontife. Selon le pape, l’attachement des membres du Conseil de l’Europe à ces valeurs «enracine et garantit la vitalité des principes sur lesquels se fonde la vie politique et sociale européenne».
Abordant le thème de la crise économique et financière mondiale «particulièrement grave», le pape a estimé que ce temps ne devait «pas conduire à des limitations qui ne se basent que sur une analyse strictement financière». «Il doit, au contraire, a-t-il poursuivi, permettre à la Banque de Développement de montrer son originalité en renforçant l’intégration sociale, la gestion de l’environnement et le développement des infrastructures publiques à vocation sociale».
Ainsi, aux yeux du pape, la Banque de développement est «un instrument technique qui permet la solidarité». «La fraternité est généreuse, elle ne calcule pas», a-t-il ajouté. Benoît XVI a ensuite jugé que «la nouveauté serait d’introduire une logique qui ferait de la personne humaine (…) le centre et le but de l’économie». «Il existe en Europe un riche passé qui a vu se développer des expériences d’économie basée sur la fraternité», a-t-il encore souligné.
«Les échanges économiques et financiers entre l’est et l’ouest européens se sont développés certes, mais y a-t-il eu un réel progrès humain ?», s’est interrogé le pape. Et de renchérir: «La libération d’idéologies totalitaires n’a-t-elle pas été utilisée unilatéralement pour le seul progrès économique au détriment d’un développement plus humain respectant la dignité et la noblesse de l’homme et n’a-t-elle pas fait fi, parfois, des richesses spirituelles qui ont modelé l’identité européenne ?»
Peu avant, prenant la parole devant le pape, le gouverneur de la Banque de développement, Raphaël Alomar, a confié que «le lien entre le Saint-Siège et les institutions du Conseil de l’Europe» était «recherché». Ses propos ont été rapportés par L’Osservatore Romano le 12 juin. Raphaël Alomar a par ailleurs souhaité rappeler la figure de Mgr Michael Aidan Courtney, nonce apostolique au Burundi et membre du conseil de direction de la banque de 1996 à 2000, et tué en 2003. (apic/imedia/lb/pr)
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