Afrique du Sud: Les hommages affluent suite au décès du pasteur Nico Smith

Un des rares afrikaners à s’être rebellés contre l’apartheid

Johannesburg, 23 juin 2010 (Apic) Les hommages affluent en Afrique du Sud après l’annonce du décès du pasteur Nico Smith. Il était l’un des rares religieux afrikaners à s’être rebellés contre le système d’apartheid et l’un des premiers à vivre dans un township noir.

Le pasteur Smith était âgé de 81 ans quand il a succombé à une insuffisance cardiaque le 19 juin, alors qu’il célébrait l’anniversaire d’un ami, rapporte l’agence œcuménique ENI. Après sa mort, les hommages ont afflué de toutes parts, et ceci alors qu’il a récemment reproché à ses compatriotes afrikaners de ne pas accepter l’irréversibilité du fait que ce sont les Noirs africains qui dirigent le pays.

Nico Smith est connu pour avoir quitté son confortable poste d’enseignant en théologie à l’Université de Stellenbosch – qui était alors le siège académique du pouvoir afrikaner – afin de rejoindre la branche noire de « l’Eglise d’Etat », la Nederduitse Gereformeerde Kerk (NGK, Eglise réformée hollandaise). En 1985, lui et son épouse Ellen, qui pratiquait la médecine, déménagèrent de leur maison de Meyerspark, une banlieue de Pretoria, pour s’installer à Mamelodi, plus près de leur paroisse de la NGK composée uniquement de Noirs.

La peur blanche est un gros obstacle à l’entente

En 1986, Nico Smith avait déclaré dans le journal The Los Angeles Times: « La première question que se posent les blancs, c’est ›N’avez-vous pas peur?’ La peur blanche est l’un des plus gros obstacles à l’entente et au progrès dans ce pays », avait-il expliqué. « Mais depuis deux ans, les Blancs prennent conscience de l’ampleur et de l’intensité de la colère des Noirs. »

A Grand Rapids, aux Etats-Unis, les délégués présents à l’Assemblée générale de l’unification de la Communion mondiale d’Eglises réformées (CMER) ont observé un moment de silence le 21 juin en souvenir de Nico Smith. Le secrétaire général de la communion, le pasteur Setri Nyomi, lui a rendu hommage, disant de lui qu’il était « resté ferme en tant que prophète pendant la période de l’apartheid. »

Jackson Mthembu, porte-parole du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), a déclaré dans un communiqué: « Nous rendons hommage à ce militant courageux et attacherons toujours une grande importance à la contribution qu’il a faite à la lutte pour la libération et l’édification de notre démocratie ». Les responsables afrikaners, qui avaient parfois pris leurs distances avec Nico Smith, ont salué la position anti-apartheid qu’il a maintenue au fil des décennies, affirmant qu’il était la « conscience insistante » de son peuple. Son ancienne Eglise, qui cherche aujourd’hui à fusionner avec d’autres branches de la NGK au sein de l’Eglise réformée unifiante d’Afrique, a indiqué que Nico Smith « n’a jamais gardé le silence quand des injustices étaient commises à l’encontre des Noirs. » (apic/eni/bb)

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