En créant une page web dédiée au Mondial de football
Santiago, 24 juin 2010 (Apic) Au Chili – pays latino-américain qui a vaincu la Suisse lundi dernier – l’Eglise catholique «enfile les crampons». Majoritaire dans ce pays (70%), elle s’inscrit dans la ferveur du Mondial de football 2010, en proposant animations, réflexions et prières sur une page Internet, spécialement dédiée à la compétition.
Dans un stade rempli de supporters, l’attaquant de la sélection chilienne Fabián Orellana frappe le ballon qui atterrit dans les bras d’un gardien singulier: c’est Jésus qui arrête son tir, inondant le terrain de lumière. Avec cette animation haute en couleurs, l’Eglise catholique chilienne ouvre sa page spéciale dédiée à la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Intitulée «Merci, Seigneur, pour le football», la fenêtre est accessible à partir du site de la Conférence épiscopale du Chili, www.iglesia.cl.
Sur un fond représentant un stade de football, la page Internet propose animations, réflexions et prières pour «aider les fidèles à vivre le Mondial en famille et en communauté». Des textes sur la religion et le ballon rond, des extraits de discours du Pape sur le sport, des interviews, des témoignages sont disponibles. Tout comme un calendrier des activités organisées par les paroisses et les collèges catholiques pour la Coupe du Monde 2010, et même, des exemples de prières et de méditations pour aider l’équipe nationale à gagner.
«Des millions de personnes dans le monde vont à l’église le matin et au stade l’après-midi», justifie la Conférence épiscopale, à l’origine du site. «Parce que nous sommes une Eglise en mission, nous vivons le meilleur des valeurs du football, et l’espoir de tout un peuple autour d’un maillot commun». D’ailleurs, son président, l’évêque de Rancagua (Centre), Mgr Alejandro Goïc, n’hésite pas à enfiler une casquette de supporter pour défendre l’initiative.
«Si le football n’arrête ni la faim, ni les guerres, dans des circonstances douloureuses, le jeu offre une parenthèse», poursuit le communiqué des services de communication ecclésiastiques. Le football «nous parle de la vie des peuples».
Sur la page Internet aux douze thématiques footballistico-religieuses (»Coup d’envoi», «Signe de croix à l’entrée sur le terrain», «Ralentis», «Déclarations dans les vestiaires»), le témoignage de Mgr Gaspar Quintana, évêque de Copiapó (Nord) et entraîneur de football, attire particulièrement l’attention. Coiffé d’une casquette aux couleurs de «la Roja», l’équipe nationale, l’évêque fait un parallèle entre l’entraîneur et le prêtre: «tous deux sont des leaders, des guides qui mènent un groupe vers un objectif commun».
Pour les croyants qui souhaiteraient conserver leurs bonnes habitudes tout en profitant du Mondial, l’église chilienne propose deux prières en particulier. La première – prière officielle de la Coupe du Monde 2010 fournie par les évêques sud-africains – demande à Dieu que «son équité, justice et paix, prévalent parmi les joueurs et les participants».
La seconde, présentée par les Chiliens, demande à Dieu «le courage pour jouer un jeu propre, au football et dans la vie, et pour que nous puissions, avec ta Grâce, atteindre le titre éternel de la vie en toi».
A travers un article fourni par un collège catholique de Santiago, on apprend aussi que le sélectionneur de l’équipe nationale chilienne, Marcelo Bielsa, a rendu visite à une communauté jésuite pour recevoir sa bénédiction avant de partir pour l’Afrique du Sud.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette initiative insolite de la part de l’Eglise catholique chilienne n’est pas la première. Lors du Mondial 2006, et ce malgré la non-qualification du Chili, la Conférence épiscopale locale avait déjà lancé une page similaire. A l’époque, elle exprimait ses intentions plus clairement encore, reconnaissant la Coupe du Monde de football comme «une belle occasion d’évangéliser, de découvrir et stimuler des valeurs dans le foot et la vie de ses supporters».
Au Chili, comme dans beaucoup d’autres pays en Amérique Latine, les joueurs de football expriment régulièrement leur foi, en se signant à l’entrée sur le terrain ou en remerciant Dieu après avoir marqué un but. Dimanche, à la veille du match du Chili contre la Suisse, plusieurs femmes de joueurs de «la Roja» sont ainsi allées prier pour la victoire de leurs maris, d’après des médias chiliens.
Au Chili, le catholicisme n’est pas religion d’Etat, mais l’Eglise conserve un poids considérable dans la vie politique, sociale et familiale. Et plus de 70% de Chiliens se déclarent catholiques. (apic/str)
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