Elle affecte la moitié de la population, selon une enquête
Niamey, 25 juin 2010 (Apic) L’insécurité alimentaire s’est aggravée, depuis deux mois, au Niger, pays sahélien pauvre et désertique, suscitant une nouvelle inquiétude des organisations humanitaires internationales. Selon les résultats d’une enquête nationale menée en avril 2010 par le gouvernement et ses partenaires, cette insécurité alimentaire affecte désormais 47,7% de la population, soit plus de sept millions de personnes.
Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) se sont déclarés conjointement préoccupés par cette situation, d’autant plus que «dans certains départements, plus des deux tiers de la population souffrent d’insécurité alimentaire sévère». Les deux organisations ont exhorté l’ensemble de la communauté internationale à mobiliser tous les moyens nécessaires pour leur permettre de protéger et de soigner les enfants en souffrance.
Les enfants sont particulièrement touchés par cette situation et leur état nutritionnel s’est «considérablement aggravé» au cours des 12 derniers mois, a révélé pour sa part, une autre enquête annuelle sur la nutrition de l’enfant au Niger. Elle relève que le taux de malnutrition «aiguë globale» dans le pays a atteint 16,7% chez les enfants de moins de cinq ans, un niveau bien supérieur au seuil d’urgence de 15% et au taux de 12,3% estimé en 2009. Dans certaines régions de l’intérieur du pays, ce taux atteint respectivement 22,1% et 19,7%, contre 17% et 13,1% en 2009.
En plus, le taux de malnutrition aiguë sévère, qui augmente sérieusement les risques de mortalité des enfants, est passé d’une moyenne de 2,1% en 2009, à 3,2% en 2010. «Le seuil d’urgence est largement dépassé, les enfants traversent une situation extrêmement difficile et nous sommes très inquiets» s’est alarmé Cornale Guido, représentant local de l’UNICEF. «Nous devons renforcer immédiatement nos interventions, afin de limiter les maladies et les pertes en vies humaines» chez les enfants, a-t-il ajoute, estimant qu’une «accélération des actions de prévention et de prise en charge des enfants malnutris est en cours, et que le soutien des donateurs est crucial à ce stade».
Dans le cadre de la crise nutritionnelle et alimentaire qui affecte le Niger en 2010, l’Unicef et le PAM se sont engagés dans de larges opérations de prévention et de prise en charge des enfants souffrants de malnutrition aiguë globale. Au vu des résultats publiés par l’Institut national de la statistique (INS) du pays, les deux agences de l’ONU se sont mobilisées pour étendre leurs actions au-delà des plans d’urgence en cours. L’accent sera mis sur la protection des enfants, femmes enceintes ou allaitantes contre la malnutrition, ainsi que sur la prise en charge des enfants souffrant de la malnutrition aiguë, sévère et modérée. Ces actions seront facilitées par l’autorisation donnée par l’Etat nigérien d’introduire de nouveaux produits, tels que les suppléments nutritionnels «à base lipidique», connus sous le nom commercial de Plumpy’ Dozà et de Supplementary’ Plumpyà.
Deux fois plus d’enfants souffrants de malnutrition modérée seront pris en charge dans les structures sanitaires de l’Etat, appuyées par le PAM et l’Unicef. Parallèlement, l’Unicef et ses partenaires renforcent leurs interventions en faveur des enfants atteints de malnutrition aiguë sévère, dont la vie est menacée. Plus de 107’000 enfants ont déjà été soignés entre janvier et juin 2010, avec une nette augmentation des admissions depuis un mois : plus de 1,000 enfants sont enregistrés chaque jour dans les centres thérapeutiques depuis la mi-mai.
Une campagne de communication à grande échelle sera lancée par l’Unicef dans les prochaines semaines pour promouvoir l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois, la seule protection du nourrisson et du jeune enfant contre la malnutrition. L’insuffisance et la mauvaise répartition des pluies pendant l’hivernage 2009 (juin à fin septembre) ont causé de graves déficits céréaliers et fourragers au Niger. (apic/ibc/bb)
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