«Stupeur» et «effroi» du Saint-Siège

Rome: Réactions après les perquisitions à l’archevêché de Malines-Bruxelles

Rome, 25 juin 2010 (Apic) La Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège a fait part, le 25 juin, de sa «vive stupeur» sur la façon dont les autorités judiciaires belges ont mené des perquisitions, la veille, à l’archevêché de Malines-Bruxelles suite à des plaintes pour abus sexuel sur le territoire de l’archidiocèse.

Dans un communiqué, le Saint-Siège a en outre exprimé son «indignation» suite à la violation des tombes de deux précédents archevêques de Malines-Bruxelles, les cardinaux Jozef-Ernest Van Roey (1874-1961) et Leo Jozef Suenens (1904-1996) et de son «effroi» pour l’ensemble de ces actions.

Des fouilles se sont déroulées dans la crypte de la cathédrale de Malines. Après avoir foré des trous dans les tombes de deux précédents primats de Belgique, les enquêteurs y ont introduit des caméras à la recherche de documents qui auraient pu y être cachés.

La Secrétairerie d’Etat a aussi regretté «certaines infractions de confidentialité à laquelle ont précisément droit les victimes pour qui ont été menées ces perquisitions», en référence à la confiscation de dossiers de la Commission pour le traitement des abus sexuels. Les sentiments de stupeur et d’effroi ont été «exprimés personnellement par Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats, et Charles Ghislain, ambassadeur de Belgique près le Saint-Siège», a précisé la Secrétairerie d’Etat.

Dans son communiqué officiel, qui reproduisait également une déclaration faite la veille par la Conférence épiscopale belge, le Saint-Siège a fermement condamné une nouvelle fois «tout acte de péché et criminel» que constitue «l’abus sur mineurs de la part de membres de l’Eglise» et a rappelé «la nécessité de réparer et de faire face à ces actes conformément aux exigences de la justice et de l’enseignement de l’Eglise».

La réaction de l’Eglise belge

La perquisition par la justice belge et les forces de police a eu lieu alors que «les évêques de Belgique étaient réunis à l’archevêché de Malines-Bruxelles dans la matinée du 24 juin pour la réunion mensuelle de la conférence épiscopale», a rappelé Eric de Beukelaer, porte-parole des évêques belges. Tous les papiers et téléphones portables ont été confisqués, les membres de la conférence épiscopale et le personnel ont été auditionnés et aucune personne n’a pu quitter l’archevêché avant la soirée.

Les évêques, a ajouté le porte-parole dans sa déclaration publiée par le Saint-Siège, «regrettent avec le professeur Peter Adriaenssens, président de la Commission pour le traitement des abus sexuels dans le cadre d’une relation pastorale, que lors d’une autre perquisition tous les dossiers de cette commission aient été confisqués». En procédant ainsi, «la justice a marqué une rupture de confiance dans le travail qu’effectue la Commission pour le traitement des plaintes dans le cadre d’une relation pastorale», a regretté le lendemain l’Eglise belge.

Le domicile du cardinal Godfried Danneels, ancien primat de Belgique, a aussi été fouillé. (apic/imedia/cp/bb)

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