Afrique du Sud: Le président Zuma se réconcilie avec le conseil national des Eglises

Le SACC avait été écarté du Conseil national des dirigeants interreligieux

Johannesburg, 25 juin 2010 (Apic) Le président sud-africain Jacob Zuma semble avoir réglé une querelle avec le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud (SACC), une organisation qui a joué un rôle clé dans la lutte contre l’apartheid. Le SACC s’était dit offensé, en 2009, lorsque le président Zuma ne l’avait pas consulté sur la création du Conseil national des dirigeants interreligieux (NILC), et qu’il ne l’avait pas inclus dans cette nouvelle organisation.

L’agence de presse du gouvernement sud-africain Buanews a indiqué le 22 juin: « Jacob Zuma, qui s’est brièvement entretenu avec le Conseil des Eglises d’Afrique du Sud … a déclaré que l’Eglise a joué par le passé un rôle clé au sein du gouvernement et espère qu’elle continuera à le faire en offrant ses conseils et ses critiques constructives. »

Le NILC est dirigé par le pasteur Ray McCauley, qui est à la tête d’une Eglise pentecôtiste dénommée Ministères Rhema, rappelle l’agence œcuménique ENI. Il exclut les plus vieilles Eglises établies, notamment le SACC, qui regroupe plus de la moitié des Eglises du pays. La Commission sur les affaires religieuses du Congrès national africain (ANC), le parti au pouvoir, a consulté diverses organisations et responsables religieux mais elle a ignoré le SACC lorsqu’elle recherchait des conseils sur le lancement du NILC.

Les excuses du président Zuma

Après plusieurs tentatives infructueuses, le SACC a rencontré Jacob Zuma le 22 juin pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en mai 2009. Le président sud-africain a présenté des excuses pour avoir omis de consulter le SACC et lui a assuré qu’il n’avait jamais cherché à le marginaliser, selon le secrétaire général du SACC, Eddie Makue. Celui-ci a affirmé que son Conseil avait accepté les excuses de Jacob Zuma, ainsi que sa promesse de le consulter à l’avenir.

Selon Eddie Makue, le SACC a déclaré à Jacob Zuma qu’il était prêt à « jouer un rôle dans l’édification du pays, en luttant contre la pauvreté et pour le renouvellement moral. » Au sein de l’Eglise, on affirme que des intérêts politiques complexes sous-tendent la réunion du 22 juin. Le SACC jouissait d’une relation plus étroite avec le prédécesseur de Jacob Zuma, Thabo Mbeki, mais il aurait récemment perdu de son influence, même parmi ses propres Eglises membres.

La distance qu’a prise Jacob Zuma avec les Eglises établies pour se rapprocher de mouvements plus populistes tels que l’Eglise Rhema ou les Eglises traditionnelles africaines est une manière de s’affirmer en tant qu’Africain « traditionnel ». Selon certains observateurs, ce recentrage serait dû au fait que le SACC tend à être plus indépendant politiquement, tandis que les nouveaux alliés de Jacob Zuma au sein du NILC semblent chercher à éviter toute controverse politique. (apic/eni/bb)

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