Rome: Benoît XVI annoncera la création d’un nouveau dicastère
Rome, 28 juin 2010 (Apic) Benoît XVI s’apprête à annoncer la création d’un nouveau dicastère consacré à la «nouvelle évangélisation». Une idée qui a fait son chemin depuis des années, lancée de manière explicite par Jean Paul II en 1979.
C’est le 28 juin 2010 en fin d’après-midi, lors de la célébration des vêpres dans la basilique romaine de Saint-Paul-hors-les-murs, que Benoît XVI devrait annoncer la création de ce nouveau dicastère, a appris I.Media qui cite de sources vaticanes.
La célébration solennelle des premières vêpres de la fête des saints Pierre et Paul, le 28 juin à 18h, a ainsi été choisie par le pape pour annoncer officiellement la naissance d’un conseil pontifical en charge des moyens à mettre en œuvre pour une ›nouvelle évangélisation’ des pays déchristianisés. Benoît XVI devrait nommer à la tête de ce dicastère missionnaire l’Italien Mgr Rino Fisichella, jusqu’alors président de l’Académie pontificale pour la vie et recteur de l’Université pontificale du Latran. Cette nomination permettrait de mettre fin aux tensions internes à l’Académie pour la vie, dont quelques membres avaient demandé la démission du président après «l’Affaire de Recife», début 2009.
Avec la création de ce Conseil pontifical pour la «nouvelle évangélisation», qui deviendrait l’un des gestes les plus significatifs de son pontificat, le pape répondra en particulier à une préoccupation de Jean Paul II, qui avait employé l’expression «nouvelle évangélisation» pour la première fois en 1979 dans la cité-dortoir de Nowa Huta, dans la banlieue de Cracovie (Pologne), prototype de la ville soviétique et sans Dieu. A son tour, Benoît XVI, à plusieurs reprises, a évoqué la nécessité pour l’Eglise de «communiquer la Bonne Nouvelle de Jésus à tous ceux qui ne le (connaissent) pas encore».
Ainsi, lors de son récent voyage au Portugal, Benoît XVI a semblé poser les jalons du dicastère de la nouvelle évangélisation en affirmant à Porto, le 14 mai, que les catholiques étaient «attendus non seulement par les peuples non chrétiens et les terres lointaines, mais aussi par les milieux socioculturels», jugeant ainsi que «le champ de la mission ad gentes se présente aujourd’hui notablement élargi et (…) ne peut être défini seulement sur la base de considérations géographiques».
La veille, à Fatima, devant les évêques du Portugal, le pape avait soutenu que l’époque actuelle exigeait «un nouveau dynamisme missionnaire des chrétiens, appelés à former un laïcat mûr (…) surtout dans ces milieux humains où le silence de la foi est plus grand et plus profond».
La notion de ›nouvelle évangélisation’ a fait son apparition après le Concile Vatican II (1962-1965). Ainsi, Paul VI, dès la fin du Synode des évêques en octobre 1974 et dans son Exhortation apostolique Evangelii Nuntiandi, en décembre 1975, annonçait des «temps nouveaux pour l’évangélisation». «Les conditions de la société nous obligent à réviser les méthodes, à chercher par tous les moyens, à étudier comment faire arriver à l’homme moderne le message chrétien», écrivait encore Paul VI.
C’est 4 ans plus tard, alors qu’il effectuait son premier voyage en Pologne, que Jean Paul II a employé de manière explicite l’expression «nouvelle évangélisation». Ce 9 juin 1979, à Nowa Huta, il affirmait : «au seuil du nouveau millénaire», une «nouvelle évangélisation est commencée, comme s’il s’agissait d’une deuxième annonce, bien qu’en réalité ce soit toujours la même».
Déjà, lors du Concile Vatican II, le décret Ad gentes sur l’activité missionnaire de l’Eglise rappelait que l’évangélisation n’était pas la spécialité des seuls missionnaires attitrés, mais qu’elle engageait tous les laïcs.
Alors qu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal Joseph Ratzinger s’était aussi exprimé sur le sujet lors d’une conférence qui portait précisément sur le thème de la nouvelle évangélisation, à l’occasion du Jubilé des catéchistes, le 10 décembre 2000. Devant le «processus progressif de déchristianisation et de perte des valeurs humaines essentielles», le cardinal Ratzinger avait jugé nécessaire de chercher, «outre l’évangélisation permanente, jamais interrompue, et à ne jamais interrompre, une nouvelle évangélisation, capable de se faire entendre de ce monde qui ne trouve pas l’accès à l’évangélisation ›classique’». (apic/imedia/ami/pr)
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