Soudan: Six mannequins risquent au moins 40 coups fouet
Khartoum, 29 juin 2010 (Apic) Six jeunes mannequins hommes soudanais, faisant partie d’un groupe de 25 mannequins du Soudan, ont été interpellés dans la nuit du jeudi 24 au vendredi 25 juin dernier, à la fin d’un défilé mixte de mode dans un club de Khartoum, la capitale. Ils risquent des coups de fouet pour «port d’habits indécents», selon la charia, le droit islamique.
Selon les médias, quelque 25 jeunes adultes avaient été interpellés à la fin du défilé, le 24 juin dernier, par la police soudanaise des mœurs. Ils avaient été libérés le lendemain. Six jeunes hommes ont toutefois été convoqués le dimanche 27 juin à la cour du quartier populaire de Sajana, à Khartoum, rapporte l’AFP. Ils avaient été transférés au siège de la police des mœurs à al-Mogran, près du centre-ville où ils ont été détenus jusqu’à lundi 28 juin. Ils comparaîtront devant le tribunal durant la semaine.
Les autorités soudanaises accusent les mannequins masculins d’offense à la moralité publique pour avoir porté du maquillage et des vêtements qualifiés d’»indécents». Le port de ces genres d’habillement est considéré comme un délit au Soudan, passible de 40 coups de fouet. Il est puni par l’article 152 du code pénal soudanais de 1991 imposé dans après le coup d’Etat militaire du président Omar el-Béchir soutenu par les islamistes en juin 1989.
Il prévoit en effet une peine de 40 coups de fouet à toute personne portant des vêtements «indécents». Le cas de mannequins est aggravé par un autre article du code pénal soudanais. Il s’agit de l’article 153 qui vise toute personne participant ou organisant la tenue, dans une salle de spectacle, de comportements contraires à la moralité publique. Dans ce cas, les peines peuvent varier de 60 coups de fouets à trois ans de prison.
Dans une déclaration à l’AFP, l’un des mannequins arrêtés, Rashad el-Nimeiry, a indiqué que lors de son interpellation, la police des moeurs l’a accusé d’avoir porté du maquillage. «Ils disent que les garçons ne peuvent pas porter du maquillage dans la rue. Je leur ai répondu que j’avais porté du maquillage sur scène, mais pas dans la rue», a-t-il souligné. «Ils nous ont dit aussi qu’ils ne veulent pas de mixité entre les hommes et les femmes. Je leur ai répondu que les loges des artistes étaient séparées hommes entre femmes. Les mannequins sont seulement apparus sur scène ensemble», a poursuivi Rashad el-Nimeiry, né au Soudan, mais aujourd’hui détenteur d’un passeport américain.
Il y un an, en juillet 2009, une journaliste soudanaise, Loubna Ahmed al-Hussein, est tombée sous le coup de cette de cette loi en portant un pantalon. Ce cas avait défrayé la chronique, et la journaliste, bien qu’étant reconnue coupable d’avoir porté un pantalon «indécent», n’avait pas reçu de coups de fouet. (apic/ibc/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/accuses-de-port-de-vetements-indecents/