Un système unique, qui intègre également les autorités politiques
Soleure, 30 juin 2010 (Apic) Après la nomination de Mgr Kurt Koch à la présidence du Conseil pontifical pour la Promotion de l’unité des chrétiens, à Rome. Le diocèse de Bâle devra lancer sans tarder la procédure pour la nomination de son successeur. Qui est éligible? Qui désigne l’évêque: le chapitre cathédral ou le pape? Explications sur une procédure particulière, qui intègre, en plus du Saint-Siège et du chapitre cathédral, une instance appelée Conférence diocésaine, et dont font partie des élus politiques des 10 cantons du diocèse.
Lorsqu’un évêque présente sa démission, son siège est vacant dès le moment où le pape l’accepte. D’abord, dans un délai de huit jours, un administrateur diocésain est nommé et fonctionnera jusqu’au moment où un nouvel évêque prend ses fonctions. Ensuite, le chapitre de la Cathédrale assure la préparation en vue de la nomination. Celle-ci doit intervenir dans les trois mois.
Selon le Concordat du 26 mars 1828, l’évêque de Bâle est élu par le chapitre cathédral et reçoit la confirmation du Saint-Siège. Il doit être membre du clergé du diocèse.
Concrètement, le jour de l’élection par le chapitre cathédral, les 18 chanoines dressent une liste avec les noms de six candidats possibles. Celle-ci est transmise à la Conférence diocésaine, qui siège en même temps à Soleure, pour examen. Si celle-ci considère, à la majorité, qu’un ou plusieurs candidats (mais trois au maximum) sont «moins convenables», elle ôte leurs noms de la liste et ces candidats ne sont plus éligibles. A partir de la liste des restants, le chapitre cathédral procède à l’élection du nouvel évêque, selon une formule et une procédure très anciennes. Un candidat est considéré comme élu par le chapitre dès qu’il obtient la majorité absolue des bulletins valables et a accepté son élection.
Puis le chapitre cathédral transmet par l’intermédiaire du nonce apostolique un rapport de l’élection avec le nom de l’élu au Saint-Siège, qui examine si le candidat possède les qualités requises et si l’élection a été menée correctement. Puis le pape confirme l’élection. Le nouvel évêque a maintenant le droit et le devoir de recevoir l’ordination épiscopale dans un délai de trois mois et d’entrer en fonction.
a) Le chapitre cathédral
Le chapitre cathédral est une corporation ecclésiale formée de 18 prêtres diocésains. Sa direction est confiée au prévôt ou à son adjoint le doyen de la cathédrale. Les sièges sont attribués à des représentants des dix cantons du diocèse. Les cantons de Lucerne, Soleure, Berne et Argovie disposent de trois sièges, et les autres un seul siège. Six chanoines résident à Soleure, au siège de l’évêque, et ont un rôle dans la direction du diocèse. Ce sont les trois issus de Soleure et un de chacun des cantons de Lucerne, Berne et Argovie. Les autres chanoines sont appelés «non résidents», et occupent en général un poste en pastorale dans leur canton. Les chanoines des cantons de Soleure, Lucerne et Zoug sont nommés par les gouvernements cantonaux respectifs. Les autres sont nommés par l’évêque. Mais ce dernier est tenu de les choisir à l’intérieur d’une liste établie par le chapitre cathédral, et envoyée ensuite pour examen aux gouvernements ou aux autorités ecclésiastiques des cantons de provenance.
b) La Conférence diocésaine
La Conférence diocésaine a été mise en place en tant qu’instance de surveillance de l’Etat dans le diocèse de Bâle. Elle est composée de deux délégués de chaque canton. Il s’agit de deux représentants du gouvernement (Soleure, Lucerne, Berne, Zoug, Thurgovie, Jura) ou de deux représentants des corporations ecclésiastiques (Argovie, Bâle-Ville) ou alors d’un conseiller d’Etat et d’un représentant des corporations ecclésiastiques (Bâle-Campagne, Schaffhouse). Sa présidence revient à un représentant du canton de Soleure.
c) Le Saint-Siège
A Rome, c’est la Congrégation pour les évêques qui est responsable des nominations d’évêques. Mais le lien entre le Saint-Siège et l’Eglise catholique en Suisse est assuré par le nonce apostolique, l’archevêque Francesco Canalini. La nonciature se trouve à Berne.
Pour être élu évêque de Bâle, les conditions suivantes doivent être remplies:
– ait, à un degré élevé, une foi solide, de bonnes moeurs, la piété, le zèle des âmes, la sagesse, la prudence et les vertus humaines, et qu’il soit doué par ailleurs des autres qualités qui le rendent capable d’accomplir l’office dont il s’agit;
– jouisse d’une bonne renommée;
– ait au moins trente-cinq ans;
– soit prêtre depuis cinq ans au moins;
– ait obtenu le doctorat ou au moins la licence d’Écriture Sainte, de théologie ou de droit canonique dans un institut d’études supérieures approuvé par le Siège Apostolique, ou qu’il soit au moins vraiment compétent en ces matières.
Le candidat doit être un prêtre incardiné dans le diocèse de Bâle.
Au contraire des autres sièges épiscopaux, l’évêque du diocèse de Bâle est élu par le Chapitre cathédral selon une procédure traditionnelle héritée du Moyen-Age, qui comprend également l’intervention d’organes de l’Etat.
L’éligibilité n’est strictement accordée, contrairement aux règles générales en vigueur dans l’Eglise catholique, qu’à des prêtres qui sont incardinés dans le diocès, selon un Concordat signé en mars 1828 entre les États de Lucerne, Berne, Soleure et Zoug.
1828 1854 Joseph Anton Salzmann
1854 1862 Karl Arnold-Obrist
1863 1885 Eugène Lachat
1885 1888 Friedrich Fiala
1888 1906 Leonhard Haas
1906 1925 Jakob Stammler
1925 1936 Josephus Ambühl
1937 1967 Franziskus von Streng
1968 1982 Anton Hänggi
1982 1993 Otto Wüst
1994 1995 Hansjörg Vogel
1995 2010 Kurt Koch
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