Après la perquisition de la police, la Commission n’est plus en mesure de mener à bien sa mission
Bruxelles, 1er juillet 2010 (Apic) Au nom des évêques de Belgique, Mgr Guy Harpigny, évêque de Tournai et responsable pour les relations avec la «Commission Adriaenssens» sur les abus sexuels, a dit jeudi 1er juillet «comprendre et respecter» la démission collective des membres de ladite Commission. Suite aux récentes perquisitions menées par le Parquet de Bruxelles dans ses locaux et la saisie de dossiers, les membres de la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale, présidée par professeur Peter Adriaenssens, considèrent qu’ils ne sont plus en mesure de mener à bien leur mission.
«Cette décision me remplit de tristesse, déclare Mgr Guy Harpigny, mais je la comprends et la respecte. Au nom des évêques de Belgique, je tiens à remercier du fond du cœur le professeur Peter Adriaenssens et les membres de la Commission pour la générosité de leur engagement».
Face aux nombreuses plaintes qui leur sont arrivées en peu de temps, relève l’évêque de Tournai, ils ont travaillé vite et bien «et – je le souligne une fois encore – en toute indépendance par rapport aux évêques». Jamais, non plus, cette Commission ne s’érigea en tribunal parallèle, poursuit-il.
«Bien au contraire, il était toujours préalablement conseillé aux victimes, si elles le souhaitaient, de s’adresser à la justice». L’action de la Commission s’inscrivait donc dans le respect du droit constitutionnel, qui laisse aux corps sociaux la liberté d’organiser leur vie interne. La désignation d’un magistrat de référence par le Ministre de la Justice avait même renforcé la garantie des droits de chacun, déclare l’évêque responsable pour les relations avec la «Commission Adriaenssens» .
Au nom des évêques de Belgique, il tient à témoigner son respect et sa sympathie à toutes ces personnes qui ont trouvé le courage de confier leurs blessures en s’adressant à la Commission. «Nous sommes sincèrement désolés que la situation actuelle empêche leur démarche d’aboutir. Si elles le souhaitent, elles peuvent se présenter au Parquet pour obtenir le statut de ’partie lésée’. Par ailleurs, le jour où la Justice communiquerait des dossiers aux évêques, ils lui demanderont que cela soit fait sous scellés, afin que soit garantie la confidentialité de leur contenu.
Mgr Guy Harpigny rappelle que les évêques de Belgique ne contestent nullement le droit des autorités judiciaires de mener une perquisition, «du moins si ce droit est exercé dans le cadre légal prescrit et repose donc sur des indices légitimes et spécifiques en utilisant des moyens proportionnels». Les évêques belges regrettent la manière dont cela s’est fait dans les locaux de la «Commission Adriaenssens». «En saisissant tous les dossiers des victimes, il était clair que l’on ébranlait la possibilité pour la Commission de poursuivre sa délicate mais salutaire mission. Nous espérons une concertation constructive avec les autorités compétentes, qui permette d’envisager si pareille mission peut être poursuivie sous une forme ou une autre, sans risque que la confiance des victimes soit une nouvelle fois mise à mal».
Après la Secrétairerie d’Etat du Saint-Siège, puis le cardinal Tarcisio Bertone lui-même, Benoît XVI avait condamné, le 27 juin 2010, les méthodes «surprenantes et déplorables» employées par la police belge lors de la perquisition effectuée 3 jours plus tôt à l’archevêché de Malines-Bruxelles et à la cathédrale de Malines, dans le cadre d’une enquête sur des abus sexuels dans l’archidiocèse. (apic/cathb/com/be)
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