«Les médias numériques ont éclipsé les médias imprimés !»
Berne, 3 juillet 2010 (Apic) «Les médias numériques ont éclipsé les médias imprimés ! Ils sont plus actuels, plus rapides, plus proches des lecteurs. Les médias imprimés perdent non seulement leur base économique, mais aussi de plus en plus de leur influence, car aujourd’hui, grâce à internet, tout un chacun peut sélectionner les nouvelles, devenir son propre rédacteur, publier ses propres informations à bon marché sur la toile…» Tel est le message lancé vendredi 2 juillet à Berne par Markus Vögtlin, président de l’Association catholique suisse pour la presse (ACSP).
L’ACSP – fondée au début du siècle passé, dans le sillage du «Kulturkampf» pour promouvoir la «bonne presse» dans le milieu catholique (*) – tenait son assemblée générale 2010 en présence d’une quinzaine de membres. Prenant note des profonds changements dans le monde de la communication et de l’information, Markus Vögtlin ne baisse cependant pas les bras: la présence catholique dans les médias reste une priorité.
Le président de l’ACSP a ainsi souligné la nécessité de publier davantage de «bonnes nouvelles», comme l’a suggéré la campagne du Dimanche des médias 2010 de l’Eglise catholique en Suisse, qui avait justement pour thème «Plus de good news». Le but est de donner plus de place aux bonnes nouvelles dans un monde médiatique qui privilégie les conflits et les scandales, qui n’ont pas épargné l’Eglise ces derniers temps. Dans ce contexte, il a relevé la nécessité de soutenir une agence de presse comme l’apic-kipa, qui donne des informations sur le monde catholique dans la continuité, et pas seulement quand il y a des événements spectaculaires ou scandaleux.
Au plan de l’association, Markus Vögtlin a admis que l’ACSP, qui compte encore près de 1’200 membres «extrêmement fidèles et identifiés à la cause de la presse catholique», en perd cependant chaque année une cinquantaine, en raison du vieillissement et des décès. L’association peine à renouveler ses rangs, car les plus jeunes ne s’identifient plus à une «cause» ou à des objectifs ressentis comme abstraits, mais bien davantage à des projets concrets. L’association devra réfléchir aux moyens d’atteindre les générations plus jeunes.
Pour l’exercice 2009, l’Association a connu un bénéfice de 5’360 francs (contre un déficit de 24’000 francs en 2008), grâce notamment à 3 legs, ce qui porte son capital propre à près de 17’000 francs. Dans le but d’assurer la pérennité de son fonctionnement, l’Association cherche de nouveaux partenaires et de nouveaux mandats. JB.
(*) Elle s’appelait alors «Ligue catholique suisse pour la presse» et comptait des milliers de membres, qui s’identifiaient alors au «combat» des catholiques, notamment dans les cantons où ils vivaient en diaspora. Le but était notamment d’appuyer la vision catholique de l’époque face à la presse libérale et socialiste. Avec l’ouverture du «milieu catholique» après le Concile Vatican II et la disparition progressive de la presse d’opinion au profit d’une presse «neutre» – de nombreux journaux catholiques ont disparu durant ces dernières décennies – l’ACSP garde toute son importance. Elle a pour but de promouvoir le travail des catholiques suisses dans les divers médias, en soutenant notamment le projet éditorial «Christ und Welt» (Chrétien et monde), une page d’information religieuse hebdomadaire reprise par divers quotidiens de Suisse alémanique, le travail de l’agence de presse catholique apic-kipa, ou l’Association suisse des journalistes catholiques ASJC. L’ACSP assure également la gestion du Fonds Prélat-Meier et l’organisation du Dimanche des médias des catholiques suisses, sur mandat de la Conférence des évêques suisses (CES). (apic/be)
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