Plus de 350 participants ont découvert 11 religieuses et religieux artistes
Berne, 3 juillet 2010 (Apic) Plus de 350 personnes ont participé, vendredi soir 2 juillet, au vernissage de « L’art au monastère », à l’église ouverte à Berne. Cette exposition rassemble des œuvres de 11 artistes, tous religieuses et religieux, auxquels l’agence de presse Apic / Kipa a consacré un portrait au printemps 2009.
Du jamais vu lors d’un vernissage à la « Heiliggeistkirche », de mémoire d’organisateurs. Les bancs des allées centrales de l’église située devant la gare de Berne étaient pleins pour accueillir les invités et curieux venus découvrir l’expression artistique des ces sculpteurs, peintres, poète, photographe et même compositrice, issus de monastères de Suisse alémanique et romande. Amis de l’agence Apic, consoeurs, confrères et autres proches des artistes, mais surtout paroissiens de Berne et des environs se sont retrouvés pour vivre un moment festif, entrecoupé de productions artistiques et ludiques, et de discours, et également pour partager un verre.
Après s’être livrés en textes et en photos aux journalistes de l’Apic, les religieuses Isabel Bachmann (peintre et sculptrice /St-Maurice), Marianne Borer (peintre d’aquarelles / Baldegg), Chantal Hug (peintre et sculptrice / Melchtal), Leonore Jenny (cheffe de chœur et compositrice / Mariazell), Caritas Müller / Cazis), Ruth Nussbaumer et Luzia Güller (peintres / Eschenbach), les religieux Eugen Bollin (peintre, dessinateur et poète / Engelberg), Jean-Sébastien Charrière (peintre / Einsiedeln), Jean-Marie Lussi (peintre d’icônes /Hauterive) et Jakob Thür (photographe / Edlibach) se sont exprimés en présentant chacune et chacun une série d’œuvres. Les tableaux, panneaux et autres représentations occupent les espaces particuliers offerts par cette église située en plein cœur de la capitale fédérale. L’exposition offrira donc aux dizaines de milliers de passants défilant chaque jour devant les portes de l’édifice pour prendre le train ou se rendre à leur bureau une possibilité de se ressourcer dans un espace de recueillement enrichi d’œuvres invitant à la méditation, mais également à l’étonnement ou à la simple découverte de la beauté.
Outre les tableaux, photographies et icônes, le visiteur pourra découvrir un panneau situant chacun des monastères représentés. La compositrice Leonore Jenny a eu droit à un traitement spécial avec un poste audio et un panneau regroupant certaines de ses partitions originales.
Les artistes et participants ont été accueillis par Irene Neubauer, représentante de l’Eglise ouverte, et Beatrix Ledergerber, co-présidente de la coopérative Kipa-Apic.
Dans un message intitulé « Eglise et art : couple idéal ou traumatisme ? », le journaliste retraité et membre du comité de l’Apic Josef Osterwalder, a rappelé les rapports heurtés entre les responsables de l’Eglise et les artistes au service de la religion à travers les âges. « Nous avons besoin de vous, nous avons besoin de votre collaboration afin de pouvoir accomplir notre service, un service qui, comme vous le savez bien, consiste à rendre accessible et compréhensible ce qui est spirituel, invisible et incompréhensible », avait lancé en 1964 le pape Paul VI à des artistes, femmes et hommes, rassemblés dans la Chapelle Sixtine. Par ces paroles, a affirmé Josef Osterwalder, Paul VI tentait de renforcer l’amitié entre Eglise et art, ou, encore mieux, de la restaurer.
En novembre dernier, a rappelé le journaliste saint-gallois, Benoît XVI a réédité l’initiative de son prédécesseur en conviant 250 artistes en ce même endroit, au cœur des musées du Vatican. Parmi les invités figuraient de nombreuses personnalités non engagées en priorité dans l’art religieux, comme Daniel Libeskind, Peter Stein, Ennio Morricone ou Terence Hill. Le pape allemand leur a lancé : « N’oubliez pas que vous êtes les entrepreneurs de la beauté dans le monde ». Ajoutant : « L’expérience de la beauté ne nous éloigne pas de la réalité. La recherche de la beauté ne signifie pas une plongée dans l’irrationnel ou dans un esthétisme. La beauté provoque chez l’être humain un choc vital ». Benoît XVI avait alors repris la citation de Georges Braque : « L’art dérange, la science rassure ».
Le Père bénédictin Eugen Bollin a pris la parole au nom des artistes présents. Rappelant, à partir des portraits réalisés par l’Apic, ce que représente l’art pour chacune et chacun, il s’est demandé si un dénominateur commun pouvait s’appliquer à l’activité artistique de ces représentants de congrégations religieuses. « Peut-être ceci : Ils expriment tous des signes qui caractérisent leur propre histoire de vie, leur monastère, leur vision du monde et de la religion. Et ces signes ne sont pas une fin en soi, une sorte de ›l’art pour l’art’ sacré, mais revêtent plutôt une fonction d’attention au divin, de façon plus indirecte que directe, ni sonore, ni publicitaire, et surtout pas propagandiste. Mais plutôt silencieuse et cachée », a affirmé le religieux peintre, dessinateur et poète.
Le vernissage a été agrémenté par des productions de l’ensemble vocal bernois Tirami Via, qui a interprété des œuvres de Sr Leonore Jenny, ainsi que de Purcell, ainsi qu’un chant traditionnel adapté et harmonisé avec beaucoup de goût par sa directrice Daniela Schumacher, et dont l’interprétation tout en finesse a touché les personnes présentes. Les participants ont également goûté à un des talents de la religieuse peintre Isabel Bachmann : la confection de marionnettes. La représentation assurée par des Sœurs de St-Augustin a constitué un moment d’amusement fort apprécié par l’assemblée.
Pratique : L’exposition est ouverte le mardi et le mercredi de 11h à 18h30, le jeudi de 11h à 20h30 et le vendredi de 11h à 16h30, du 2 juillet au 31 août.
Une brochure, en français ou en allemand, rassemble l’ensemble des onze interview – portraits (avec photos) réalisés par les journalistes de l’Apic. Elle peut être commandée à administration@kipa-apic.ch (apic/bb)
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