Ils demandent au gouvernement de ne pas légiférer sur la question
Taipei, 4 juillet 2010 (Apic) La gestation pour autrui « est contraire à la morale familiale, nie la dignité humaine et bafoue les devoirs liés à la maternité », estiment des catholiques à Taiwan, qui interpellent les autorités pour leur demander de ne pas légiférer dans un sens qui reviendrait à autoriser la gestation pour autrui.
Ces dernières semaines, indique Eglises d’Asie, les médias se sont saisis de récentes affaires impliquant des couples ayant recouru à des mères porteuses pour avoir des enfants et certains cercles médicaux demandent une évolution en ce sens de la législation.
A l’heure actuelle, Taiwan est au nombre des Etats qui interdisent la pratique de la gestation pour autrui. Mais, ces dernières années, des pressions ont été exercées dans le sens de sa légalisation. Ainsi, en 1998, le ministère de la Santé a rédigé un texte en vue de légaliser les mères porteuses, entraînant une réaction immédiate de l’Eglise catholique, qui a mobilisé les représentants des autres religions pour bloquer cette évolution. De fait, en 2000, la proposition du ministère a été rejetée par le Yuan exécutif. En 2004, un nouveau texte du ministère a été proposé, mais, là encore, il n’a pas abouti. En 2007, le Yuan législatif a voté une « Loi sur la procréation artificielle » qui, outre le fait qu’elle interdit la sélection des enfants à naître en fonction de leur sexe et la création d’embryons à des fins de recherche, bannit le commerce tant des embryons humains que des cellules spermatiques et des ovules. Sans être nommément citée, la gestation pour autrui a ainsi été interdite.
Toutefois, si la gestation pour autrui est donc bien considérée comme illégale à Taiwan, sa pratique existe et on trouve sur Internet des agences qui font de la publicité pour les mères porteuses. Ces dernières semaines, les médias se sont emparés de plusieurs affaires liées à la gestation pour autrui. Ils ont ainsi exposé le cas d’un Taïwanais qui a fait fortune en étant propriétaire d’hôpitaux. Marié à une Ouzbèke, cet homme a eu un premier enfant avec son épouse par fécondation in vitro. Pour avoir un deuxième enfant, sa femme ne pouvant plus en porter, il a fait venir d’Ouzbékistan une Ouzbèke qui a accepté, contre 30’ 000 dollars et un défraiement de 1000 dollars mensuels durant le temps de la grossesse, de porter l’embryon conçu in vitro à partir des cellules somatiques du couple payeur. Le couple est ainsi devenu parent d’un deuxième garçon.
A la Faculté de théologie de l’université catholique Fu Jen, Claire Fu Wen-ling, chercheuse au Centre de recherche en éthique de la vie, explique que l’opinion publique taïwanaise est globalement opposée à la pratique de la gestation pour autrui, notamment certains milieux féministes qui voient là une pratique instrumentalisant la femme. Mais un lobby médical se montre favorable à la légalisation des mères porteuses. Une nouvelle loi en ce sens serait ainsi en préparation au ministère de la Santé, précise Claire Fu.
Face aux pressions de ce lobby médical, des médecins catholiques appellent à la retenue.
La gestation pour autrui est légale dans plusieurs pays occidentaux (Belgique, Royaume-Uni, Pays-Bas, Canada et certains Etats des Etats-Unis). Elle est interdite en France. En Asie, la pratique se répand en Chine, tandis que l’Inde est en passe de devenir une destination bon marché pour les couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfant. Le coût de la procédure y serait trois à cinq fois moins élevé qu’en Europe ou aux Etats-Unis. (apic/eda/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/ils-demandent-au-gouvernement-de-ne-pas-legiferer-sur-la-question/