Indonésie: Organisations musulmanes modérées opposées à l’islamisme radical

La charia ne saurait devenir la loi du pays

Jakarta, 5 juillet 2010 (Apic) L’organisation socioculturelle musulmane indonésienne Muhammadiyah demande le démantèlement légal du FPI (Front Islamic Defender) mouvement islamiste fondamental, connu pour sa violence contre les minorités religieuses, en particulier contre les chrétiens, et pour sa volonté d’établir la charia comme loi dans le pays. Une autre association demande des mesures contre ceux qui fomentent la violence.

Des protestations se sont élevées dans le monde musulman depuis le début juin, lorsque certains militants du FPI ont enlevé trois membres du Parti démocratique indonésien (PDIP). Cela s’est passé lors d’un événement public à Banyuwangi, au Java oriental. Ces derniers jours, le FPI a menacé la communauté chrétienne de Bekasi en formant un groupe paramilitaire chargé de se préparer à d’éventuelles attaques contre les chrétiens.

Démantèlement du FPI demandé

Yunahar Ilyas, un des leaders du groupe Muhammadiyah, dit que «le FPI est une organisation au sens légal du terme et que comme telle elle doit se conformer à la loi. Les rassemblements de masse sont excellents, mais on en a assez de la violence.» Selon lui, le FPI devrait être démantelé grâce à un procès collectif.

L’organisation musulmane modérée Muhammadiyah est active dans les secteurs de l’éducation et du social, et défend la libre interprétation personnelle du Coran.

Une autre organisation s’engage aussi contre le FPI

Une procédure contre le FPI a aussi été engagée par Masdar Farid Mas’udi, l’un des leaders du Nahdlatul Ulama (NU), la plus grande organisation sunnite islamique engagée dans la société. A la différence du mouvement Muhammadiyah, Masdar Farid Mas’udi estime qu’il est inutile de vouloir démanteler le FPI, parce que ses membres formeraient aussitôt après un autre groupe avec les mêmes buts. «Je crois, dit-il, qu’il est plus efficace de prendre des mesures légales à l’égard des membres du FPI qui fomentent la haine et la violence contre les minorités».

Mais les deux mouvements se rejoignent sur un point essentiel: ils accusent le gouvernement de n’avoir rien entrepris pour stopper la violence. (apic/an/js)

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