Pérou: Le pays est désormais dans le collimateur des investisseurs chinois

La plus importante mine de cuivre du pays en mains chinoises

Huancayo, 5 juillet 2010 (Apic) Le Pérou, avec son riche sous-sol, est désormais dans le collimateur des investisseurs chinois. Une entreprise en mains chinoises pourrait bien diriger la plus importante mine de cuivre du pays dès 2012. Mais Mgr Pedro Ricardo Barreto Jimeno, archevêque de Huancayo, affirme que le simple fait de verser de l’argent pour la région n’est pas suffisant.

«Il doit y avoir un plan global pour le développement de la région», a-t-il déclaré à l’agence de presse catholique américaine Catholic News Service (CNS), et il n’y en a pour le moment aucun».

L’archevêque de Huancayo demande un plan global de lutte contre la pauvreté

L’entreprise chinoise Aluminium Corp of China (Chalco) a en effet investi 2,2 milliards de dollars dans le projet de mine de cuivre de Toromocho, près de Huancayo, capitale du département de Junin, dans la région centrale des Andes péruviennes. La ville est située près de la vallée du Mantaro, à une altitude de 3’271m.

Avec ses champs de pommes de terre et d’artichauts, la vallée du Mantaro, située dans la partie centrale des Andes dans la région de Junin, est connue comme le grenier du Pérou. Mais les routes sinueuses qui s’y trouvent conduisent à des villages reculés dans lesquels les agriculteurs ont de plus en plus de peine à nourrir leur famille. Plus de 58% de la population de la région vit dans la pauvreté, dont la moitié dans une pauvreté extrême. De plus, près d’un tiers des enfants souffrent de malnutrition chronique. L’exportation des ressources naturelles, l’histoire le montre, ne suffit pas à sortir les habitants de la misère, estime l’évêque de Huancayo.

Les représentants du gouvernement péruvien estiment que la situation va s’améliorer lors de l’ouverture de cette nouvelle mine de cuivre qui devrait engendrer plus de 100 millions de dollars de revenus fiscaux par année et fournir des milliers d’emplois dans la région. Mais, dans un pays qui livre sa richesse minière à l’étranger depuis le 16e siècle – début de la colonisation espagnole – et qui lutte encore pour sortir de la pauvreté, certains observateurs se demandent si cette promesse va pour une fois se vérifier.

«La malédiction des ressources»

Des études montrent que les pays dont l’économie dépend fortement des exportations de ressources naturelles – minéraux, pétrole et gaz naturel – ont tendance à être plus pauvres et moins démocratiques que ceux ayant une économie plus diversifiée. Les universitaires appellent cela «la malédiction des ressources». (apic/cns/fb)

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