Rome: Benoît XVI s’apprête à passer près de 3 mois à Castel Gandolfo, la résidence d’été des papes

Dans l’attente de la publication du 2e tome du livre sur Jésus de Nazareth

Rome, 7 juillet 2010 (Apic) Benoît XVI, se rend mercredi 7 juillet 2010 en fin d’après-midi dans sa résidence d’été de Castel Gandolfo, au sud de Rome, pour y passer près de 3 mois. Le pape, qui a choisi de ne pas se rendre à la montagne cette année, séjournera dans ce palais perché au-dessus du lac volcanique d’Albano, à 25 kilomètres de la capitale italienne, profitant également des splendides jardins de la résidence.

«Loin des tempêtes médiatiques et de la frénésie romaine, Benoît XVI pourra se reposer, prier, se promener, lire et surtout se consacrer à l’écriture, sa grande passion», explique Radio Vatican à la veille du départ du pape pour Castel Gandolfo. «Alors que l’on attend la publication du 2e tome de son livre sur Jésus de Nazareth, rappelle la radio du pape, un nouvel ouvrage sur l’enfance de Jésus et sur les débuts de sa prédication serait déjà en gestation».

Une année jalonnée d’événements majeurs

Cette pause estivale, peut-on encore lire sur le site internet de Radio Vatican, est «bien méritée à l’issue d’une année intense jalonnée d’événements majeurs: les voyages à Malte, au Portugal et à Chypre, la conclusion de l’Année sacerdotale, les visites à la synagogue et à la communauté luthérienne de Rome, les récentes nominations au sein de la curie, sans oublier l’avalanche des scandales de pédophilie qui ont secoué l’Eglise catholique».

La rédaction française de la radio du pape juge encore qu’au fil «des mois et des crises qui avaient brouillé la lisibilité de son pontificat, Benoît XVI a su imposer son style, ferme et transparent», qu’il «a su prouver qu’il tenait la barre avec détermination».

A 400 mètres d’altitude et sur 55 hectares, la villa pontificale de Castel Gandolfo va donc accueillir Benoît XVI avant une rentrée qui s’annonce également chargée avec «un voyage délicat au Royaume-Uni» et, «moins d’un mois plus tard, un synode des évêques sur la situation difficile des chrétiens du Moyen-Orient».

Des origines impériales

Le domaine de Castel Gandolfo repose sur les restes d’une des plus célèbres villas de l’Antiquité: l’Albanum Domitianum, qui fut la propriété de Domitien (81-96). Puis, au fil des ans, la villa impériale s’est dégradée, abandonnée par les successeurs de l’empereur. Il faut attendre le Moyen Age et l’édification de villages fortifiés autour du lac d’Albano – les ›Castelli’ – pour que le domaine retrouve ses lettres de noblesses.

Ainsi, vers 1200, la famille Gandolfi fait édifier un château sur le domaine qui prend alors le nom de ›Castel Gandolfo’. En 1596, sous le pontificat de Clément VIII (1592-1605), la Chambre apostolique, en charge du patrimoine pontifical, rachète la forteresse pour la somme de 24’000 écus. En 1604, le pape intègre par décret la bourgade et ses terres aux domaines temporels du Saint-Siège.

Urbain VIII (1623-1644) confie à l’architecte Carlo Maderno (1556-1629) le soin de réaliser une vague de travaux dans la Villa. Le Bernin (1598-1680) participe également au chantier. Urbain VIII préfère toutefois séjourner à la villa Barberini voisine, le palais familial. Le premier pape à séjourner à Castel Gandolfo est Alexandre VII (1655-1667). Il poursuit la restauration de la forteresse, qui reste ensuite longtemps inhabitée.

Il faut attendre le pontificat de Benoît XIV (1740-1758) pour voir un pape résider à nouveau à Castel Gandolfo. Il ordonne la poursuite des travaux d’agrandissement et d’embellissement de la villa et fait construire en 1749 le balcon des bénédictions. Clément XIV (1769-1774) poursuit les travaux et acquiert, en 1773, la Villa Cybo, ce qui permet d’agrandir les jardins pontificaux.

Région pillée par les troupes napoléoniennes

Durant l’occupation française, au début du 19e siècle, les troupes napoléoniennes pillent et saccagent la région, obligeant Pie VII (1800-1823) à restaurer le palais. Grégoire XVI (1831-1846) continue les travaux entrepris et devient un grand habitué des séjours à Castel Gandolfo. Pie IX (1846-1878) est le dernier pape à y résider avant le 20e siècle.

En effet, l’annexion de Rome au Royaume d’Italie, en 1870, marque la fin de l’Etat pontifical et Castel Gandolfo est déserté pendant une longue période. Il faut attendre les Accords du Latran entre le Saint-Siège et l’Italie, le 11 février 1929, pour que le palais de Castel Gandolfo soit reconnu comme propriété exclusive du Saint-Siège.

C’est également sous le pontificat de Pie XI (1922-1939) que la propriété pontificale s’étend, avec l’acquisition de la villa Barberini. Le pape lance d’importants travaux de restructuration sur l’ensemble des trois sites réunis qui composent désormais la résidence pontificale et décide de la construction de l’Observatoire astronomique du Vatican dans les années 1930.

C’est dans ce domaine aux frontières fluctuantes et sans cesse transformé, inscrit comme tous les biens extraterritoriaux du Saint-Siège sur la liste du patrimoine culturel mondial, que Benoît XVI ira se reposer à partir du 7 juillet pour une durée de 3 mois. A ses côtés seront présents son frère aîné, Mgr Georg Ratzinger, et ses plus proches collaborateurs.

Des papes sont décédés à Castel Gandolfo

Le domaine de Castel Gandolfo n’est pas seulement la résidence d’été des papes. En effet, 25 hectares de la propriété sont destinés à l’exploitation agricole, et permettent ainsi d’approvisionner le Vatican en lait et primeurs.

L’entretien des jardins et des cultures agricoles, ainsi que l’élevage du bétail, incombent à la Direction des Villas pontificales. Une cinquantaine de personnes, emmenées depuis 1986 par Saverio Petrillo, assurent en outre tous les services relatifs aux séjours du pape à Castel Gandolfo.

Durant les derniers pontificats, Castel Gandolfo a été le théâtre d’épisodes intimement liés à la personnalité des papes successifs. Ainsi, selon Saverio Petrillo, Jean XXIII (1958-1963) avait coutume de sortir incognito du domaine, Jean Paul II (1978-2005) aimait aller à la rencontre des jeunes du village et Benoît XVI prend plaisir à jouer au piano des sonates de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Jean-Sébastien Bach (1685-1750) ou encore Ludwig van Beethoven (1770-1827).

Dans son histoire récente, Castel Gandolfo a aussi vu s’éteindre des souverains pontifes. Ainsi, c’est là précisément, à l’aube du 9 août 1958, que Pie XII (1939-1958) fut le premier pape de l’histoire à mourir en cette résidence. 20 ans plus tard, le dimanche 6 août 1978, un accès de fièvre empêcha Paul VI (1963-1978) de paraître au balcon du palais pour la prière de l’angélus. Il mourut le soir même. (apic/imedia/mo/ami/be)

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