La vague déferlante de touristes a aussi besoin du spirituel
La Baule, 7 juillet 2010 (Apic) Les chrétiens de La Baule font de l’accueil leur priorité durant l’été. Tourisme oblige. Cela, afin de créer un lien avec le touriste de passage comme pour répondre aux attentes spirituelles de certains vacanciers. Le site de «La Croix» prend le temps de s’arrêter sur les vacances, à l’heure des départs. Vers le soleil et la mer.
Et il y a de quoi faire: La Baule-Escoublac, c’est 16’000 habitants hors saison, mais de sept à dix fois plus durant l’été. Une véritable déferlante, une vague touristique qui secoue l’activité commerciale de la station balnéaire, entre Saint-Nazaire et Vannes, mais aussi les paroisses Notre-Dame et Sainte-Thérèse.
Suivant la tradition instituée par ses prédécesseurs, écrit Romain Thirion à La Baule, sous l’impulsion de la pastorale du tourisme du diocèse, le Père Bernard Charrier, aidé de quatre prêtres et d’une solide équipe de laïcs, met donc un point d’honneur à accueillir la population de passage.
«La notion d’accueil est essentielle pour un chrétien, estime Jean-François Neau, diacre permanent, responsable diocésain de l’animation de la vie des diacres et chargé de la pastorale du tourisme. Nous ne devons pas l’oublier dans ce pays riche qu’est La Baule. Il nous faut être disponibles». Il aimerait que cette notion soit prise en compte par tous ceux qui côtoient les touristes. «Nous avons célébré une messe des commerçants pour le début de la saison, explique-t-il à «La Croix». Nous avons prié pour leur réussite commerciale et nous leur avons rappelé l’importance de se montrer accueillants».
Au sein de la paroisse, l’exigence d’accueil se traduit d’abord par le choix de laisser ouvertes toute la semaine, de 9 heures à 19 heures, l’église Notre-Dame, fondée en 1935, et l’église Sainte-Thérèse, plus contemporaine. Cela en dépit des risques de vol, bien réels. «Fermer une église, c’est catastrophique, convient Jean-François Neau. Il faut se donner les moyens de partager avec ceux qui découvrent le pays. Ils veulent visiter, mais ont aussi besoin de repos, de recueillement. On ne sait jamais ce que les gens viennent chercher dans une église. En les fermant, on ferme peut-être une porte au questionnement, on passe à côté de quelque chose».
Dès le 11 juillet, une chaque jour et six le dimanche, réparties sur les églises de la paroisse, et celles de la ville voisine de Pornichet, les messes rassemblent jusqu’à 700 personnes. La pastorale du tourisme prend soin à ce que les lieux de culte soient animés par des associations. Comme l’AP2A qui, en septembre, permet à des artistes d’exposer dans des chapelles ouvertes pour l’occasion. «Le patrimoine n’a de sens que s’il est vivant. Nous garantissons la qualité de l’exposition aux artistes, et le respect du lieu aux curés qui nous les ouvrent» détaille Jean-François Neau, qui fait partie du comité de pilotage du projet.
À une douzaine de kilomètres de La Baule, l’Espace spirituel de Kerguénec privilégie aussi l’accueil, mais sous une forme différente. Cette propriété de 40 hectares, sur laquelle s’élève un manoir, un lycée professionnel et une chapelle datant de 1740, a été léguée par la famille qui la détenait à l’évêché de Nantes après guerre. Ce n’est qu’en 1971 que les prêtres ont réfléchi à la manière de répondre aux demandes de silence. Le lieu fonctionne comme espace spirituel uniquement l’été, et enregistre près de 2’000 passages. A noter enfin qu’une équipe de prêtres, de diacres et de laïcs vit sur le site tout l’été pour accueillir les visiteurs. (apic/cx/rt/pr)
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