Son adversaire Jaroslaw Kaczynski avait les faveurs des évêques
Varsovie, 8 juillet 2010 (Apic) Les évêques catholiques polonais ont émis des opinions contrastées sur l’élection du nouveau président Bronislaw Komorowski, un catholique de 58 ans, père de cinq enfants et ancien professeur d’histoire. Le candidat libéral du parti pro-européen au pouvoir, Plateforme civique (PO), a battu dimanche dernier son adversaire conservateur Jaroslaw Kaczynski, frère jumeau du président défunt, à l’issue d’un duel serré à la présidentielle en Pologne. L’élection anticipée a eu lieu après la mort de Lech Kaczynski dans un accident d’avion le 10 avril 2010.
«Je le vois comme un homme d’idées avec de nombreuses qualités personnelles, une personne de dialogue qui peut aussi écouter – je pense que cette élection sert bien la Pologne», a déclaré l’archevêque de Gniezno, Mgr Henryk Muszynski, en parlant du nouveau président polonais Bronislaw Komorowski. «Je suis également satisfait de la manière dont les résultats ont été annoncés. J’observe un net progrès par rapport à ce qui se passait auparavant: c’est un signe positif pour l’avenir en ce qui concerne la manière d’exercer le pouvoir dans un pays démocratique», a-t-il ajouté.
Lors du second tour de la présidentielle, le 4 juillet dernier, Bronislaw Komorowski a recueilli 52,6% des suffrages, tandis que son adversaire, membre du parti conservateur Droit et Justice (PiS), l’ancien Premier ministre Jaroslaw Kaczynski, n’en a obtenu que 47,4%. Une fois Bronislaw Komorowski élu président, celui-ci a déclaré à l’agence de presse catholique polonaise KAI, le 6 juillet dernier, que l’élection – qui a vu une participation nationale de moins de 55% – avait marqué une «rupture avec le factionnalisme» et les divisions. C’est aussi pour lui une évolution vers la «quête de ce qui unit». Il ainsi a assuré que cela aiderait à stabiliser la démocratie en laissant un gouvernement fort face à une opposition forte.
Toutefois, un autre prélat polonais a déclaré qu’il craignait que la victoire d’un candidat d’un parti qui était déjà à la tête du gouvernement risquait «de renforcer non seulement le monopole d’un parti, mais aussi le monopole de l’arrogance et du dédain» ainsi que «le diktat des grandes villes, avec leur pouvoir, leur business et leur médias». «Tout monopole génère déviation et mépris à l’égard des plus faibles», a déclaré à KAI. Mgr Slawoj Leszek Glodz, archevêque de Gdansk. «Ainsi, l’Eglise défendra les plus vulnérables – ce n’est pas seulement son droit, mais c’est également son devoir», a-t-il poursuivi.
Plusieurs commentateurs catholiques ont ainsi critiqué Komorowski pour avoir manqué de soutenir l’Eglise sur des questions clés, notamment concernant sa ferme opposition à un projet de loi visant à permettre le financement de la fécondation in vitro par des fonds de l’Etat.
Plusieurs évêques ont rejeté les affirmations du quotidien polonais «Gazeta Wyborcza» soulignant le 6 juillet dernier que l’Eglise catholique polonaise avait pris position en faveur de Jaroslaw Kaczynski durant la campagne électorale. Selon l’influent journal, les prêtres locaux ont contribué à une «énorme» mobilisation pour le compte de Kaczynski qui a fait une campagne «pro-Eglise». (apic/cns/fb)
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