Le parquet de Bruxelles enquête sur des violations du secret professionnel
Bruxelles, 8 juillet 2010 (Apic) Les supputations sur des cas de pédophilie présumés au sein de l’Eglise catholique belge se poursuivent depuis déjà deux semaines en Belgique et suscitent des vagues tant dans le milieu clérical, que dans le monde judiciaire et médiatique. Jeudi 8 juillet, le parquet de Bruxelles a confirmé avoir ouvert des « informations judiciaires » pour violation du secret professionnel dans ce dossier suite aux fuites à répétition parues dans la presse.
Toute personne, dans ce dossier, qui ne respecte pas le secret professionnel peut être poursuivie, selon les articles 458 et 460 ter du Code pénal belge, a précisé Jean-Marc Meilleur, porte-parole du parquet de Bruxelles. « Les fuites, notamment à propos du déroulement de l’audition du cardinal Danneels, ne permettent pas aux enquêteurs de travailler sereinement », a-t-il ajouté.
Par ses perquisitions très médiatisées – effectuées jeudi 24 juin dans les bureaux de l’archevêché de Malines-Bruxelles, au domicile du cardinal Godfried Danneels ainsi qu’au siège de la commission Adriaenssens, la commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuels dans une relation pastorale – la justice belge voulait savoir, notamment, si l’Eglise ne cachait pas certains documents au sujet de cas de pédophilie, des cas qu’elle aurait tus. Mardi 6 juillet, le cardinal Danneels a été entendu pendant 10 heures comme témoin par la police judiciaire. Jeudi 8 juillet, la Conférence des évêques de Belgique apportait sur son site internet www.catho.be des éclairages sur l’audition de l’ancien Primat de Belgique.
Ainsi, concernant la longue audition de l’ancien archevêque de Malines-Bruxelles, le porte-parole des évêques Eric de Beukelaer et l’avocat de l’Archevêché, Me Fernand Keuleneer, ont confirmé que le cardinal Danneels « n’avait rien à cacher, qu’il était serein, et avait répondu à toutes les questions ». Me Keuleneer a souligné lors d’un point de presse au Centre interdiocésain, rue Guimard à, Bruxelles, que « le cardinal Danneels veut collaborer à l’enquête. C’est donc dans la logique des choses qu’il soit interrogé ».
Au cours de ce point de presse, auquel participaient une vingtaine de journalistes issus pour la plupart de médias audiovisuels, certaines questions ont porté sur les DVD adressés à Mgr Léonard, confisqués los des perquisitions, et contenant des éléments de l’affaire « Julie et Melissa ». Me Keuleneer a répondu que, comme de nombreuses personnes, Mgr Léonard avait reçu un dossier en 2004 d’une source bien connue des médias. Celui-ci contenait deux DVD et développait une théorie de complot généralisé impliquant le monde politique, ainsi que l’Eglise.
L’évêque de Namur avait entrepris, avec la discrétion requise, des démarches pour sonder le contenu de ce dossier. Les choses en restèrent là, jusqu’à la démission de l’évêque de Bruges, Mgr Roger Vangheluwe. (*) La source recontacta alors Mgr Léonard, devenu archevêque. Celui-ci communiqua l’information à la Commission présidée par le professeur Adriaenssens. Ce dernier promit d’instruire la question, mais demanda à Mgr Léonard de garder provisoirement le dossier chez lui. Lors des perquisitions à l’archevêché, ce dossier fut donc confisqué par la justice. Au cours de sa première audition, le professeur Adriaenssens expliqua le sujet aux enquêteurs.
L’Eglise de Belgique dénonce à cette occasion les amalgames faits entre l’enquête qui vise certains de ses membres et l’ »affaire Dutroux ». Et son avocat prévient que l’enquête doit se dérouler dans la discrétion, faute de quoi il réagira. La Conférence épiscopale belge tient encore à souligner qu’il n’y avait pas de documents scabreux et secrets relatifs à ce dossier (Dutroux), et particulièrement au volet concernant Julie et Mélissa, au Palais épiscopal de Malines qui auraient été saisis lors des perquisitions du 24 juin dernier. JB
(*) Ce dernier a soudainement démissionné le 23 avril dernier, après avoir reconnu avoir «abusé sexuellement d’un jeune de son entourage proche» lorsqu’il était prêtre mais aussi évêque. (apic/belg/lsoir/ctb/be)
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