Déçues d’être reléguées au deuxième rang

Inde: Des théologiennes déplorent le «chômage» des pasteures

Bangalore, 8 juillet 2010 (Apic) En Inde, une conférence de théologiennes a exprimé son inquiétude quant aux discriminations dont sont victimes les pasteures et les femmes ayant une formation théologique.

«L’ordination nous est souvent refusée pour des raisons peu convaincantes. Même si nous réussissons à nous faire ordonner, on ne nous accorde pas de responsabilités en tant que pasteures et on nous relègue aux rôles d’animatrices d’études bibliques et de gardiennes d’auberges», ont déploré les théologiennes dans une déclaration publiée à l’issue de leur séminaire, qui s’est tenu du 22 au 26 juin.

Plus d’une quarantaine de théologiennes et de femmes responsables d’établissements d’enseignement théologique de toute l’Inde ont pris part au séminaire, intitulé «Théologies féministes: faire le bilan et aller au-delà». Il était organisé par le département d’études féminines du Collège théologique uni de Bangalore (UTC) à l’occasion de son centenaire.

Les femmes se sentent marginalisées

«Les femmes ayant une formation théologique, en particulier celles qui sont diplômées en études féminines, trouvent peu de personnes intéressées par leurs qualifications. Nous travaillons comme enseignantes dans les écoles ou, quand nous réussissons à entrer dans une institution théologique, on nous demande d’enseigner des matières comme l’anglais ou l’éthique», lit-on dans la déclaration.

Plusieurs déléguées à la conférence ont évoqué leur «déception, ainsi que le désintérêt» auquel elles se heurtent au sein même de leur Eglise, après avoir suivi leur formation théologique avec tant d’enthousiasme.

Rini Ralte, présidente du Département des études féminines à l’UTC, a affirmé lors d’une interview avec le correspondant d’ENInews: «J’ai été consternée d’apprendre d’une de nos étudiantes que le responsable de son Eglise lui a demandé sans ménagements: ’Pourquoi avez-vous choisi les études féminines? Vous auriez pu choisir une autre matière’.»

Arenla Longkumer, qui est originaire du Nagaland et qui, en 2006, a également obtenu son diplôme en théologie avec l’ambition de devenir pasteure, a déclaré: «Je dois attendre. Dans notre Eglise, les femmes doivent consacrer dix années de service au poste qu’on leur a assigné avant de pouvoir envisager l’ordination.»

La pasteure Evangeline Anderson Rajkumar, doyenne des études doctorales à l’UTC, a expliqué au correspondant d’ENInews: «Nous sommes vraiment déçues par la réponse des Eglises à l’ordination et à la responsabilisation des femmes dans les Eglises. Certaines Eglises ordonnent les femmes en fanfare, mais la marginalisation à laquelle elles sont confrontées après l’ordination est révoltante. Pour nous, il est vraiment frustrant d’entendre que nombre d’entre elles sont quasiment au chômage.» (apic/eni/js)

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