Benoît XVI, heureux comme un pape à Castel Gandolfo
Rome, 9 juillet 2010 (Apic) Arrivé le 7 juillet en fin d’après-midi dans sa résidence de Castel Gandolfo, au Sud de Rome, Benoît XVI prend 3 mois de repos après une année marquée par plusieurs voyages à l’étranger et la crise des scandales de pédophilie au sein du clergé. A 83 ans, le pape allemand effectue son 6e séjour estival dans ce palais perché au-dessus du lac volcanique d’Albano, résidence des papes depuis le 17e siècle. Au mois de juillet, Benoît XVI a choisi d’alléger au maximum son emploi du temps, avant de reprendre ses audiences générales en août et d’effectuer, probablement, quelques sorties discrètes.
Arrivé du Vatican en hélicoptère, le 7 juillet dernier un peu après 18h, Benoît XVI avait brièvement salué les habitants qui l’attendaient sous les fenêtres de son imposant palais aux murs couleur pêche. «Chers amis, ce soir commencent mes vacances et je suis heureux d’être parmi vous, entouré par la beauté de la Création et de l’histoire, ainsi que par votre sympathie et votre amitié», lançait le pape depuis un balcon.
Le pape a vite regagné la fraîcheur de son palais, saluant au passage le curé de Castel Gandolfo, le Polonais Waldemar Niedziolka, auquel il confie: «Je suis votre paroissien pour quelque temps». Le soir même, Benoît XVI laisse son secrétaire particulier, Mgr Georg Gänswein, regarder à la télévision le match opposant l’Allemagne à l’Espagne dans le cadre de la demi-finale de la Coupe du monde de football. Ce n’est qu’au petit-déjeuner, le lendemain matin, qu’il apprendra l’élimination de l’équipe allemande. Benoît XVI, de loin, préfère se reposer, lire et écouter de la musique, confient ses proches.
Le 8 juillet, en célébrant sa messe en privé à 8h dans la chapelle du palais, Benoît XVI fait mémoire du 59e anniversaire de sa première messe. Sur la place de la Liberté, à quelques centaines de mètres, le curé de Castel Gandolfo s’active. Ingénieurs et ouvriers visitent la petite église de San Tommaso da Villanova en vue de démarrer sa restauration dès la fin des vacances du pape, en octobre. Ainsi, le père Waldemar souhaite que l’église ait fait peau neuve pour que Benoît XVI vienne au début de l’été suivant pour inaugurer une plaque en mémoire du 60e anniversaire de son ordination.
En attendant, comme chaque année, Benoît XVI viendra célébrer la messe du 15 août dans la petite paroisse pontificale et, comme il le fait depuis son arrivée il y a 12 ans, le curé déjeunera avec le pape. Sur la place du village, où la fraîcheur du lac se fait sentir, les deux cafés sont presque vides. Les grandes portes du palais pontifical sont ouvertes depuis l’arrivée du pape et deux gardes suisses se tiennent devant cette entrée monumentale. Touristes et pèlerins aperçoivent derrière ces gardes en grande tenue la petite cour ombragée située au coeur du palais. C’est là que quelques milliers de pèlerins s’installeront, le dimanche suivant, pour la prière de l’Angélus récitée par le pape, seule apparition publique hebdomadaire programmée en ce mois de juillet.
Sur la petite place, au cœur de l’après-midi, une vingtaine de personnes suivent lentement un corbillard qui quitte l’église paroissiale. Devant le palais, un garde fait un salut militaire au passage du convoi. Puis le calme revient. La police italienne, depuis l’arrivée du pape à Castel Gandolfo, a pris place à l’ombre du palais. Quand le soleil commence à baisser et que le bâtiment devient rose, quelques couples de mariés viennent se faire photographier devant la fontaine, à quelques mètres du palais. Dans leur album de mariage, ils pourront montrer cette photo originale où apparaissent derrière eux, dans un flou artistique, deux gardes suisses dans leur uniforme coloré.
A cette heure-là, Benoît XVI emprunte une petite galerie qui passe au dessus d’une des entrées de la place pour accéder aux immenses jardins qui descendent à flanc de colline, de l’autre côté de la résidence pontificale. Accompagné de l’un de ses secrétaires, il fait une brève promenade avant le dîner.
Pour l’heure, Benoît XVI n’a prévu aucun engagement en juillet, à part l’Angélus dominical. Ses audiences générales, dans la petite cour de Castel Gandolfo, ne reprendront que tout début août. «Il était tellement fatigué qu’il avait besoin de faire une vraie pause», confie un de ses proches. C’est en août, aussi, que son frère aîné, Mgr Georg Ratzinger, le rejoindra. A tour de rôle, les secrétaires du pape prendront également un temps de vacances à l’extérieur, tout comme les quatre personnes laïques consacrées du mouvement Communion et Libération qui sont à son service quotidiennement.
Au mois d’août, Benoît XVI pourrait aussi choisir d’effectuer quelques sorties discrètes. Ainsi, il pourrait, comme il le fit à plusieurs reprises, se rendre dans un sanctuaire tout proche ou dans une communauté religieuse de la région des ›Castelli romani’ pour réciter les Vêpres. Pour l’heure, il a choisi le repos absolu. Il devrait résider à Castel Gandolfo jusqu’aux tout premiers jours d’octobre, lorsqu’il se rendra à Palerme. Mais en septembre prochain, Benoît XVI quittera au moins Castel Gandolfo pour se rendre le 5 septembre dans le village de Carpineto Romano, à une quarantaine de kilomètres au Sud-Est, puis en Grande-Bretagne, du 16 au 19 septembre. (apic/imedia/ami/fb)
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