Une porte définitivement ouverte dès 2012?
Londres, 14 juillet 2010 (Apic) Le synode de l’Eglise anglicane d’Angleterre a rejeté un amendement de l’aile conservatrice, et la législation permettant d’ouvrir l’épiscopat aux femmes devrait devenir définitive d’ici à 2012.
Le long et compliqué processus démocratique de l’Église d’Angleterre pour autoriser les femmes à être évêques vient de prendre un tournant, écrit le quotidien «La Croix». Le synode, réuni depuis vendredi mettait mardi encore la dernière main à la rédaction des ultimes amendements pour autoriser ce changement, mais il ne fait désormais guère de doute que des femmes deviendront évêques dans les prochaines années. Selon le calendrier prévisionnel actuel, la législation définitive devrait être votée en 2012.
L’Église d’Angleterre est une « province » de l’Église anglicane. L’épiscopat est déjà ouvert aux femmes dans quinze provinces, et de manière effective dans quatre : États-Unis, Canada, Nouvelle-Zélande, Australie. Aux États-Unis, c’est même le cas depuis 1989. Quant à l’Église d’Angleterre, elle a autorisé l’ordination des femmes en 1992. La discussion concernant les femmes évêques se situe dans la suite logique de ce vote, et les discussions théologiques et législatives ont formellement débuté il y a une décennie.
Néanmoins, le synode actuel vient de marquer une étape importante, pour deux raisons. D’une part, estime «La Croix», il s’agit de mettre au point un texte législatif quasi final, qui sera soit approuvé, soit rejeté, mais cette dernière option semble très improbable. D’autre part, ce synode marque une nette victoire de la tendance dite « libérale » sur celle plus « conservatrice ». Concrètement, le synode, en examinant le texte ouvrant l’épiscopat aux femmes, vient en effet de rejeter de justesse un amendement de conciliation, qui visait à rassurer les opposants aux femmes évêques, en créant une sorte de structure spécifique pour eux.
La proposition était soutenue par les deux figures de proue de l’Église d’Angleterre, le Dr Rowan Williams archevêque de Cantorbéry, et le Dr John Sentamu, archevêque de York. Dans un souci d’unité de l’Église, ceux-ci proposaient que les « conservateurs », dans le cas où ils se trouvent dans un diocèse sous l’autorité d’une femme évêque, puissent avoir un évêque homme à qui ils répondent. Or, cet évêque « parallèle » aurait eu son autorité propre, sans être sous la direction de la femme évêque.
Samedi soir, quand cet amendement numéro 514 a été soumis au vote, la chambre des évêques et la chambre des laïcs ont voté en sa faveur. Mais la chambre du clergé, le troisième organe législatif, l’a rejeté de peu, à 90 voix contre, 85 pour, et 5 abstentions. Pour être accepté, cet amendement devait être voté par les trois chambres, avec une majorité des deux tiers.
En partie, écrit Sébastien Martin, à Londres, ce vote reflète l’émergence des femmes dans le clergé de l’Église d’Angleterre. Actuellement, elles sont 3’803 femmes ordonnées sur un total de 13’580 prêtres, soit 28 %.
Ce vote pose désormais la question de voir des conservateurs quitter en nombre l’Église d’Angleterre. Le Dr John Sentamu ne cache pas son inquiétude. « De même que le jour fait suite à la nuit, nous aurons des femmes évêques, affirme-t-il dans une interview au Times. Mais cela se produira-t-il d’une façon telle que l’Église d’Angleterre demeure l’Église d’Angleterre ? »
Néanmoins, un porte-parole de l’Église d’Angleterre, cité par «La Croix», souligne qu’il est improbable que les départs soient aussi nombreux qu’en 1992, quand l’ordination des femmes prêtres a reçu le feu vert. Rares sont en effet ceux qui ont accepté l’ordination des femmes mais refusent que celles-ci soient aussi évêques.
Enfin, une fois le texte adopté en synode, celui-ci va devoir être voté par chacun des 43 diocèses (sous forme de synodes locaux). Il suffit d’une simple majorité de 22 d’entre eux pour approuver le texte. La proposition reviendra alors devant le synode de l’Église d’Angleterre probablement en 2012, pour une approbation finale, qui doit se faire à une majorité des deux tiers. Les premières femmes évêques pourraient alors être nommées dans les années suivantes. (apic/cx/sm/pr)
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