Contre-expertise demandée
Rome, 14 juillet 2010 (Apic) Enième rebondissement dans la polémique concernant les incidences des émissions électromagnétiques des antennes de Radio Vatican, dans la région de Rome (Italie), sur la santé des habitants vivant à proximité. Dans la soirée du 13 juillet 2010, la publication anticipée de résultats d’une expertise en la matière décidée par la justice italienne il y a 5 ans a entraîné une vive réaction du père Federico Lombardi, directeur de la « radio du pape », qui a annoncé une contre-expertise à venir.
Le père Federico Lombardi a d’abord fait part de sa «stupeur» après la publication «d’informations concernant les résultats de l’enquête menée par le juge d’instruction du Tribunal de Rome» alors même que «l’expertise n’a pas été rendue publique par le Tribunal». Selon l’expert chargé de contrôler l’incidence de l’activité électromagnétique des installations de Radio Vatican à Santa Maria di Galera (au nord de Rome) sur des pathologies diagnostiquées sur des enfants et des adultes vivant à proximité des émetteurs, il existerait «un lien important, cohérent et significatif entre l’exposition résidentielle aux structures de Radio Vatican et un excès de risque de leucémies et de lymphomes».
«Radio Vatican présentera au plus vite ses propres observations et les contre-expertises de ses propres conseillers techniques», a rétorqué le père Lombardi, avant de «rappeler que la littérature scientifique internationale en la matière n’a jamais démontré l’existence d›un lien de cause à effet tel que celui envisagé – à ce qu’il semblerait – par les conclusions de l’expertise».
Le père jésuite a en outre rappelé, «une fois encore, que Radio Vatican avait toujours suivi les indications internationales sur les émissions électromagnétiques». Par ailleurs, «depuis 2001, suite à un accord avec les autorités italiennes compétentes», la ›radio du pape’ «a respecté les limites les plus restrictives établies par la réglementation italienne en la matière, de manière à répondre avec attention, comme il se doit, à toute préoccupation» des habitants de la région.
Au cours de l’année 2001, un comité d’habitants de Cesano, appuyés par différents mouvements de défense de l’environnement, avaient déjà affirmé que, dans cette zone, les cas de leucémie et de tumeurs étaient plus fréquents qu’ailleurs en Italie. Selon eux, ils auraient été causés par les ondes émises par les grandes antennes de Radio Vatican situées sur un terrain de 430 hectares, près de leur commune. La radio avait déjà été contrainte d’abaisser la puissance d’émission des ondes électromagnétiques après l’adoption par l’Italie de mesures restrictives, en 1998. Une commission bilatérale avait alors été créée pour vérifier régulièrement l’application de ces limites.
En 2005, la direction de Radio Vatican avait été condamnée par le Tribunal de Rome à 10 jours de prison avec sursis pour pollution électromagnétique. En 2009, la Cour d’appel avait annulé le procès intenté au père Pasquale Borgomeo, ancien directeur général de la radio, en raison de son décès. La cour avait par ailleurs jugé qu’il y avait prescription pour le cardinal Roberto Tucci, ancien président du comité de gestion de la radio. Une décision qui n’avait pas plu à son successeur, le père Lombardi, qui «attendait un acquittement des personnes inculpées» et non la prescription. (apic/imedia/cp/pr)
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